‹ Le folk-lore du pays basqueChapitre 68 sur 177 · XI. —— Plaintes · texte numérisé non relu

XI. —— Plaintes

Lur-ra-ren pe -an sar nin- dai-te-ke mai-te -a

zu -re a-hal-gez; Bost pen-sa - ke-ta e - gi-nik

na - go zu-re-kin 1 - zan be - har-rez: Bor-tha bar-

ne -tik zer-ra-tu be - ta be-thi gam-be-ran ni-gar-

rez, Sen -ti men - du - ak ai-re - an e-ta bi-

ho -tze -ti-kan do-lo -rez; ÆE-ne chan-gri-nez hi-la-

raz - te - ko sor -thu-a zi = nen ANS TA "bee

Lurraren pean sar nindaïteke, maïtea, qure ahalvex ; Bost penisaketa eginik nago xurekin izan beharrez : Bortha barnetik zerratu eta bethi gamberan nigarrez, Sentimenduak airean eta bihotxetikan dolorez,

Ene changrinex hilarazteko sorthua zinen arabez.

Je me mettrais sous la terre, ma bien-aimée, par honte de vous; — je demeure faisant mille pensées, par le besoin d’être (1) avec vous; — ayant fermé ma porte en dedans et toujours en larmes dans ma chambre, — les pensées en l’air et le cœur plein de douleur, — puisque vous étiez née pour me faire mourir de chagrin.

Vous êtes née à une bonne heure, étoile de toutes les étoiles, — il ne paraît pas à la vue de mes yeux de pareille à vous; — je vous avais demandée pour épouse et compagne, comme je vous l'avais dit, — mais (2) il ne vous a pas paru que j'étais assez pour vous: — que Dieu vous destine à quelqu’un (3) de meilleur que moil

Les marins s’en vont à la mer pour le navire; — je ne laisserai jamais l’amour pour vous; — ma charmante, quoique nous ne devions pas vivre l’un avec l’autre, — je vous ai aimée une fois, et

(1) Var. : De me marier.

Ce FarcuEt.

(3) Var. : À un compagnon meilleur, etc.

je ne vous détesterai pas: — vous êtes entrée dans mon cœur pour toute l’éternité.

Au printemps (1), combien est beau l'oiseau qui est sur l’arbre (2) en chantant! — L’amour m'entraîne après vous, ma bien-aimée; — ma charmante, je ne vous forcerai pas à l’amour ; — si je meurs de ce chagrin, soyez satisfaite en votre esprit, — c’est assez que je sois malheureux moi-même dans le monde (3).

De nuit, combien est belle l’étoile intermédiaire maîtresse ! (4) — je ne puis pourtant regarder que vous, ma bien-aimée; — puisque après vous avoir pris pour moi pour tout astre, — je vais mourir pour vous, (femme) sans pitié.

(Ustaritz, 9 juin 1868; Ainhoa, 12 février 1871; Sallaberry; pap. Chaho.)

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