PRONOSTIC
Que deviennent les malades qui ont un commencement d’atrophie tabétique du nerfoptique? En général, malheureusement, la lésion suit sa marche progressive, sans que rien ne puisse l'enrayer. Mais il est des cas où les troubles visuels se sont amendés, soit sans cause connue, soit sous l'influence d’un traitement approprié. Dans certains cas le repos peut avoir une certaine action sur l’état de la vue. Ainsi un des malades dont j'ai recueilli l'observation voyait mieux le matin, à son réveil, ou bien lorsqu'il était bien reposé, après la journée du dimanche, par exemple.
Chez une autre de mes malades la vue avait baissé rapidement; à un moisd'intervalleles deux yeux avaientété atteints et peu de temps après la malade dut interrompre son travail : elle entre à l'hôpital; à ce moment elle ne voit plus rien du tout, et au moment où je l'examine, un mois après sa sortie de l'hôpital, elle compte les doigts à 30 centimètres : il faut donc admettre qu’il y a des rémissions dans la marche de l’atrophie du nerf optique tabétique.
Dans un autre cas l’état de la vue du malade présentait des oscillations assez grandes, mais pour arriver finalement à la cécité ;
pendant quelque temps sa vue baissait, puis elle restait statronnaire; elle s’'améliorait alors un peu, puis redescendait.
L'influence du traitement mercuriel est incontestable sur latrophie; et bien qu’on ait prétendu qu'il n'avait qu'une action nuisible et ne pouvait que hâter la marche de Pamaurose, je pourrai erter plusieurs cas où, sous l’action des frictions mercurielles, l'acuité visuelle est redevenue presque normale; dans sa thèse, le D° Fabre rapporteles observations de plusieurs malades traités par mon Père. dont les troubles visuels se sont améliorés; j'ai moi-même observé le cas d’un tabétique ayant une atrophie des papilles dont Facuité visuelle s’est relevée notablement grâce aux frictions à la pommade mereurielle.
ÉTIOLOGIE
D'ailleurs, on ne doit pas être étonné de voir le traitement mercuriel avoir un effet salutaire sur la marche des accidents tabétiques et en particulier sur l’atrophie optique. En effet, la syphilis a une part énorme dans l’étiologie du tabès. Sur les 6% atrophies tabétiques que j'ai observées, j'ai pu m'informer chez 49 malades des antécédentssyphilitiques. 12 d’entre eux ont nié toute contamination, et chez ceux-là je n’ai pu trouver de traces de l'infection. Chez 5 la syphilis était probable, bien que les malades, surtout des femmes ne se soient pas rappelé laccident primitif, mais les accidents consécutifs (roséole, plaques muqueuses, fausses couches), permettaient presque de laflirmer. Une des malades était une syphilitique héréditaire. Les 31 derniers reconnaissaient avoir eu un chancre. Par conséquent, la proportion des syphilitiques est considérable,
Voici, d’après Alexander ‘, la proportion des tabétiques syphilitiques :
Sur Syphilis.
Eutenbourg . . . . . . 106 eas 36 p. 100 Er. LS ER ORTS D? — Erb (1883). . . . . . . 410 88 — Gowers.." "COR 7 —