TROUBLES CONCOMITANTS
L’atrophie papillaire s'accompagne souvent de troubles de la musculature de l'œil, musculature extrinsèque et musculature intrinsèque. Le signe d’Argyll-Robertson (abolition du réflexe pupillaire à la lumière et conservation de ce réflexe à l’accommodation) est presque constant. Sur les 64 cas d’atrophies tabétiques que j’ai examinés je n'ai trouvé ce signe absent que deux fois, du moins quand l’acuité visuelle est suffisante ; car, lorsque la vue disparaît, le malade n’accommode plus et les pupilles deviennent immobiles à la lumière et à l’accommodation.
La pupille présente des troubles variés ; le plus souvent on note de l’inégalité et même de l’irrégularité des pupilles, qui, bien que moins marquées que dans la paralysie générale, sont néanmoins assez fréquentes.
Lorsque l’atrophie est avancée, les pupilles redeviennent en général égales, et sont en myosis ou en mydriase. En myosis, elles deviennent alors souvent punctiformes; mais le plus souvent, au bout d’un certain temps les pupilles finissent par se dilater : la plupart des tabétiques aveugles ont les pupilles dilatées, les veux ouverts et ont l’air de chercher la lumière. J’ai souvent remarqué une grande variation dans l’état des pupilles des atrophiques : chez un malade que j'ai vu au mois de mars 1903, les deux pupilles étaient régulières et en mydriase très accentuée; au mois d’octobre la pupille droite avait une dilatation normale et la gauche était en myosis très prononcé, ce qui empêchait d'éclairer bien
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le fond de l'œil. Trois mois après les deux pupilles étaient de nouveau égales et en mydriase moyenne.
La musculature externe des yeux est très fréquemment touchée : il y à paralysie soit d’un muscle, soit de plusieurs, parfois aussi de l’ophtalmoplégie totale interne et externe ; dans tous les cas d'ophtalmoplégie totale que j'ai observés il restait cependant quelques légers mouvements dans un sens, mouvements dus à l’action du grand oblique ou du droit externe.
Le nerf le plus souvent atteint est le moteur oculaire commun. J’ai noté dix fois sa paralysie (trois fois elle était bilatérale) : le plus souvent c’est sa branche innervantle droit interne quiest prise. J’ai trouvéaussiquatre foisune paralysiedu moteur oculaire externe. Lorsqu'un des yeux présente une atrophie complète et n’a presque plus de perception lumineuse tandis que l’autre estencore bon, il se produit un strabisme paralytique divergent ; l’œil malade se trouve dévié en dehors; c’estce que j'ai pu constater dans plusieurs observations; mais quand l’autre œil est pris à son tour, cette déviation disparait.