‹ Le Fond de l'Œil dans les Affections Du Systeme NerveuxChapitre 30 sur 74 · LEJonne. — Thèse, Paris · texte numérisé non relu

LEJonne. — Thèse, Paris

SCLÉROSES LATÉRALES

À, — MAIADIE DE LITTLE

On n’a jamais signalé et je n’ai jamais observé dans plusieurs cas que j'ai examinés de lésions du fond de l’œil dans la maladie de Little.

B. — SCLÉROSE LATÉRALE AMYOTROPHIQUE

Dans tous les cas que j'ai pu voir de sclérose latérale amyotro= phique, je n’ai jamais relevé de troubles ophtalmoscopiques. Deux seuls cas ont été publiés d’altérations des papilles. Dans un cas, celui de Peltesohn, il s'agissait d’un homme de 28 ans il y avait atrophie des papilles; d’un œil le malade ne distinguait que le jour de la nuit, de l’autre il pouvait encore compter les doigts. L'autre cas est dù à Sückling : il s'agissait d’un syphilitique qui en même temps qu'une sclérose latérale avail une mévrite optique double. La syphilis pouvait dans ce cas expliquer la lésion du nerf optique. D'ailleurs ces deux cas sont anciens (1887.et 1882) et depuis on n’en a plus relaté de semblable. Aussi peut-on admettre que la sclérose des cordons latéraux de la moelle ne s'accompagne pas de lésions du nerf optique.

BIBLIOGRAPHIE

1. SuCkLING. — Lateral spinal sclerosis with optic neuritis. Brit, med. Journal, p. 464. 1882.

2. PeLresonn. — Ursuchen und Verluuf des Sehnervenatrophie. Centralbi. f, Augenheilkunde, 1887,

SYRINGOMYÉLIE

Les altérations du fond de l'œil sont rares dans la syringomyélie. Le plus souvent cette affection évolue sans porter atteinte à l’organe de la vue. Dans leurs études sur les troubles oculaires dans la syringomyélie, Déjerine et Tuilant (1), Brianceau (4), Rouffinet (5) n'ont pu que constater le rétrécissement du champ visuel. Et encore le plus souvent ce rétrécissement est-il attribué à l'hystérie qui est si fréquemment surajoulée à la syringomyélie. Il y a des cas cependant où le rétrécissement a été observé, sans qu'il y ait de symptômes d'hystérie. Rouffinet, qui a examiné les yeux des malades du service de Déjerine qui ne présentaient aucun stigmate de la névrose, a trouvé toutefois, chez eux, un rétrécissement du champ visuel surtout pour le vert : ces malades avaient été auparavant examinés sous ce rapport par Tuilant et Déjerine qui avaient constaté le même degré de rétrécissement : il semble donc que le rétrécissement du champ visuel reste fixe, mais le plus souvent le champ visuel est normal. J'ai examiné plusieurs malades atteints de syringomyélie qui ne présentaient aucun trouble fonctionnel de la vue : leur champ visuel était normal, de même que leur acuité.

L’acuité visuelle n’est généralement pas diminuée. On à parfois pu constater l’atrophie des papilles : c’est alors latrophie simple comme dans le tabès; celte atrophie ne se développerait que dans une période avancée de l'affection. Sa marche est rapide : elle peut amener la cécité en quelques mois; mais Patrophie du nerf optique ne doit être considérée que comme une complication tout à fait exceptionnelle. Dans les cas où on la rencontre, il faudrait rechercher si, en même temps que la syringomyélie, il n’y a pas de symptômes de tabès.

Enfin, lorsque la syringomyélie est due à un gliome qui, par son volume, amène une augmentation de pression intrarachidienne et, par suite, intracränienne et de l’hydropisie ventriculaire, on peut observer le mème trouble de la papille que dans les tumeurs

64 MALADIES DE LA MOELLE cérébrales : il y a névrite optique, œdème, puis stase papillaire (Oppenheim).

Ces troubles de la vue s’accompagnent souvent d’énophtalmie et de myosis dus à une paralysie du sympathique quand la lésion siège vers le centre cilio-spinal.

BIBLIOGRAPHIE

1. DÉJERINE et TUILANT. — Bulletin de la Société de Biologie,

2. Knerz. — Ueber ein Fall von Syringomyelie. Wiener Klin. Wochenschrift, n° 26-27, 1890.

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