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PARALYSIE INFANTILE

Dans ces deux affections les troubles de la vision sont tout à fait inconnus. Elles laissent toujours indemnes les nerfs optiques, ou du moins dans aucune observation on n’a relaté de troubles oculaires. ,

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GALEZOWSKI.

MYÉLITE AIGUEÉ

Par quel mécanisme une lésion inflammatoire de la moellepeut-elle donner lieu à des altérations du nerf optique ? De prime abord, il paraîtrait que dans la myélite aiguë, sans participation des méninges, le nerf optique devrait, de même que les autres nerfs cräniens, être indemne. Il n’en est pas toujours ainsi cependant, et l’on a émis plusieurs hypothèses pour expliquer ce fait : elles sont basées soit sur l’inflammation concomitante des méninges (mais on verra que la lésion peut être localisée à la moelle), soit sur l’altération des centres trophiques spinaux du nerf optique. Si cette dernière hypothèse était vraie, il devrait y avoir névrile optique, dès que la lésion siégerait entre la huitième vertèbre cervicale et la première dorsale; il y a cependant des cas de myélite ayant ce siège qui ne donnent pas lieu à des lésions du nerf optique (par exemple le cas de Fuerstner) (20). Il faut donc admettre que linflammation du nerf optique n’est pas due à um trouble trophique causé par une altération médullaire, mais bien à une localisation secondaire, sauf dans les cas où elle est produite par propagation grâce à l’inflammation des méninges [tel est le cas. de Knapp (8)]. D’autres fois il y a, en même temps, hydropisie ventriculaire, et la névrite serait due à la compression.

S1 la pathogénie de la névrite optique n’est pas encore bien claire, il n’en est pas moins vrai qu’on a pu en réunir un assez grand nombre de cas. Gault (16), dans sa thèse, en a réuni dix-sept cas; mais parmi ceux-ci, Ginq ne peuvent pas être considérés comme des myélites pures; ou il n’y avait pas d’autopsie et les symptômes. rappelaient surtout ceux de la méningite, ou l’autopsie avait été pratiquée et elle faisait voir d’autres lésions que la myélite pouvant avoir donné lieu à la névrite (congestion des méninges, hydropisieventriculaire). Dans six des observations qu’il relate, les symptômes de la myélite sont tellement nets que l’on peut affirmer le diagnostic de myélite, malgré l'absence d’autopsie. Ce sont les observations de Ghauvel, Erb (1), Noyes (5), Rumpf (4), Schanz, Drake-Bro--

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cknan. Les plus importantes sont celles où il y a eu autopsie. Dans le cas de Knapp (8), en mème temps que la myélite il y avait de l'hyperhémie des méninges et de lhydropisie; le chiasma, les bandelettes et les nerfs optiques étaient mous et tuméfiés:; la maladie avait débuté par l’'amaurose; dix jours après étaient apparus les symptômes de la paralysie ascendante.

Dans l'observation de Fuchs (14), la malade présentait les signes d'une névrite toxique ou rétrobulbaire ; l’autopsie révéla dans la région lombaire et dans la région dorsale supérieure une atrophie des cellules antérieures de la moelle; mais ce qui dominait, c'était une lésion dégénérative des nerfs périphériques.

Dans presque toutes les observations où il y a eu autopsie, on a trouvé des lésions autres que celle de la moelle; les cas où la moelle est seule atteinte sont très rares. On peut citer les faits de Dreschfeld (6), d’Achard-Guinon (13), de Devic (thèse de Gault) (16), de Weiïll-Gallavardin (23), de Brissaud-Brécy (24). Et encore dans plusieurs de ces cas-là les lésions de la moelle ne sont-elles pas absolument pures ; dans le cas Weiïll-Gallavardin il y avait une myélite diffuse aiguë dans les régions dorsale inférieure et lombaire, et névrite optique double; en outre, il y avait des lésions légères de névrite périphérique et de l’encéphalite interstitielle diffuse. Dans lPobservation Brissaud-Brécy, 1l y avait une endothélite des gaines périvasculaires généralisée à presque tout le système nerveux central, [Il ne resterait ainsi d’absolument pures comme myélites que les trois observations de Dreschfeld, Achard-Guinon et Devic. Gault a voulu donner à cette forme de myélite un nom spécial : neuromyélite optique aiguë. Brissaud et Brécy ont repris cette idée : ils ont publié leur observation sous le titre de neuromyélile oplique aiguë. Pour moi, je pense que la névrite optique est très rare dans les cas de myélite pure et que, d'autre part, c’est surtout dans les cas de myélite disséminée qu'on l’a observée : par conséquent, la névrite optique est une complication survenant dans la myélite aiguë au même titre que les altéralions du nerf optique qui se rencontrent dans la sclérose en plaques ou dans le tabès. Il est donc inutile de faire une entité morbide de la forme de myélite aiguë avec complications oculaires.

La névrite optique peut survenir pendant le cours de la myélite aiguë ou même la précéder. Dans les cas décrits comme « neuro-

myélite aiguë », le début se faisait généralement par les phénomènes oculaires (Gault). Dans le cas de Weïll et Gallavardin, la myélite avait précédé l’inflammation du nerf optique. Enfin quelquefois la névrite optique et la myélite peuvent apparaître simultanément : le malade se plaint de maux de tête, une nuit; le lendemain il y à des troubles de la vue et de la faiblesse des membres inférieurs.

Au début des troubles oculaires, on constate une hyperhémie de la papille ; cette hyperhémie se transforme bientôt en ædème : la papille devient trouble, parait louche, ses contours sont indécis; elle semble tuméfiée. Quand la névrite est due à une hydropisie ventriculaire, il se produit une stase papillaire, pareille à celle que l’on observe dans les tumeurs cérébrales. Enfin, on a aussi signalé une névrite rétrobulbaire ; il y a alors altération du champ visuel, se traduisant généralement par un scotome central et peu de symptômes ophtalmoscopiques, quelquefois une décoloration du segment temporal de la papille comme dans les amblyopies toxiques; mais pour trouver cette description, il faut se reporter au cas de Fuchs, et on a vu qu'il s’agissait plutôt d’une névrite périphérique toxique ou plutôt d’une cellulo-névrite que d’une myélite.

Les troubles fonctionnels qui accompagnent la névrite sont en général peu considérables : le champ visuel n’est pas rétréci, il n’y a pas de scotome central; la perceplion des couleurs est conservée; seule l’acuité visuelle est diminuée.

Les deux yeux peuvent être pris ensemble ou l’un après l’autre; mais ils sont toujours pris tous les deux.

La marche de la névrite optique est variable; elle s’amende le plus souvent; l’œdème disparaît, l'hyperhémie dure un peu plus longtemps et finalement tout rentre dans l’ordre; l’acuité visuelle se rétablit. Mais il n’en est pas toujours ainsi; à la névrite peut succéder l’atrophie papillaire plus ou moins complète, pouvant amener la cécité ou, au moins, un certain degré d’amblyopie. Dans l'observation de Devic, les fibres à myéline avaient disparu à la périphérie du nerf optique; dans l'observation d’Achard et Guinon, les fibres nerveuses avaient presque totalement disparu dans les nerfs optiques et jusque dans les bandelettes. Enfin dans le cas de Brissaud-Brécy, l'examen histologique pratiqué par M. Rochon- Duvigneaud a montré la disparition des fibres nerveuses et de leur gaine de myéline.

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Dans la paralysie ascendante aiguë, ou maladie de Landry, les troubles oculaires sont exceptionnels. On en trouve cependant quelques cas dans la littérature; tels sont ceux de Gessner (11) et d'Alexander'. Dans la première de ces deux observations il y avait double névrite optique; la paralysie était survenue à la suite d’une hémorragie; dans le deuxième cas il yavait atrophie des papilles ayant succédé probablement à une névrite; la malade, il est vrai, était syphilitique.

BIBLIOGRAPHIE 4. Ers. — Ueber das Zusammenhang von Neurilis oplica und Myelitis subacuta. Archiv. f. Psychiatrie, t. X, 1879. ( 2. STEFFAN. — Beiträge zur Lehre des Zusammenhanges der

Erkrankungen des Sehnerven mit denen des Ruckenmarks. Compte rendu de la Société d'Ophtalmologie de Heidelberg, 4879, p.90.

9. SEGUIN. — On the coïncidence of oplic neurilis and subacute transverse myelilis. Journal of nerv.and mental. diseases, 1880.

4. Rumpr. — Zur Wirkung des Faradischen Pinsels bei einen Fall von Neurilis oplica mit Myelilis transversa. Deutsche med. Wochenschrift, 1881, p. 442.

D. Noyes. — Archiv. f. Augenheilk., t. X, 1882, p. 331. 6. Drescurezr. — Lancet, t. [, p. 8, 1882.

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