‹ Le Fond de l'Œil dans les Affections Du Systeme NerveuxChapitre 34 sur 74 · EXPLICATION DE LA PLANCHE I · texte numérisé non relu

EXPLICATION DE LA PLANCHE I

FiG. 1. — Papille normale avec excavation physiologique centrale. F1G. 2. — Tabès. Atrophie blanche de la papille (on voit nettement la trame du tissu conjonctif).

Fic. 3. — Tabès. Atrophie avec reflet bleuâtre.

F1G. 4. — Tabès. Atrophie de la papille avec fibres à myéline.

Fic. 5. — Sclérose en plaques. Décoloration générale de la papiile dans une atrophie incomplète.

Fic. 6. — Sclérose en plaques. Atrophie de la papille plus marquée du côté temporal.

Fig.5 Fig.6.

Imp 1 Lafontaine, Paris

À.Benard, hth Le fond de l'œil dans les aïfections du système nerveux

J. GALEZOWSKI

Le fond de l’œil est-il souvent altéré chez les paralytiques généraux ? De nombreux ophtalmologistes et neurologistes ont essayé depuis longtemps d’élucider la question, et les proportions qu'ils qu'ils donnent diffèrent parfois considérablement. On à d’ailleurs tendance, actuellement, à vouloir décrire comme des altérations du fond de l'œil, des états physiologiques de la papille et du nerf optique. Schmidt-Rimpler a bien montré qu’il était parfois difficile de distinguer certains fonds d’yeux anormaux mais physiologiques d'avec des yeux présentant des altérations pathologiques; en effet, les papilles peuvent présenter normalement des contours flous, une coloration rougeâtre rappelant une hyperhémie ; ou au contraire une légère décoloration simulant l’atrophie; Îes vaisseaux peuvent normalement être tortueux ou de calibre irrégulier. Uhthoff (21) a cependant trouvé ces états anormaux de la papille et de la rétine plus fréquemment chez les paralytiques généraux et les aliénés que chez les individus sains : chez ceux-cr1l ne les a rencontrésque dans #à 5 p.100 des yeux examinés; chezlesparalytiques généraux, au contraire, il les a observés chez 50 p. 100 des malades. D’autres auteurs ont aussi trouvé des altérations dans de très grandes proportions. Allbutt, sur 53 paralytiques généraux, n’a vu le fond de l’œil normal que dans 5 cas. Tebaldi (8) ne l’a trouvé normal qu’une seule fois sur 20 cas. Récemment encore, Kéraval et Raviart (33) sur 51 malades examinés ont constaté 42 fois des altérations du fond de l’œil (soit dans 82 p. 100 des cas). Dans une autre

statistique, Raviart et Gaudron (36) disent avoir trouvé des altérations chez 38 paralytiques généraux sur 44, ce qui donne une proportion de 73 p. 100. Enfin Kéraval et Danjean (37) sur 41 paralytiques du sexe féminin n’ont trouvé les papilles normales que 13 fois. Chez 7 il y avait des lésions oculaires indépendantes de la paralysie générale et chez 21 on trouvait des lésions papillaires.

Pour la plupart des auteurs, il est vrai, la proportion des altérations du fond de l’œil est beaucoup moindre. Uhthoff (21) sur 150 cas donne le chiffre de 28 p. 100. Jehn (7) trouve 14 p. 100; Schmidt-Rimpler sur 200 cas, 10 p.100; Siemerling (22), 6 p.100; Roy (16),5 p.100, et Klain (23) seulement 2 p.100. Ballet et Jocqs (27) n’ont pas rencontré de lésions du fond de l'œil sur 37 cas examinés. Enfin le Prof. Joffroy (38) relate l'examen ophtalmoscopique pratiqué par MM. Sauvineau et Schramek sur 227 malades de son service à l'asile Sainte-Anne : 27 fois seulement il y avait des lésions du fond de l'œil; sur ces 27 lésions, 5 pouvaient ne pas être attribuées à la paralysie générale (choriorétinites,irido-choroïdites, ancienne névrite); 22 fois il y avait de l’atrophie papillaire complète ou en voie d'évolution. Léri (39) sur 57 paralytiques généraux a trouvé 3 aveugles. — Sur 37 paralytiques généraux que j'ai examinés dans le service de M. le Prof. Raymond et dans les services de MM. Charpentier et Denis, j'ai trouvé 8 fois des troubles du fond de l’œil se divisant en : 7 fois une atrophie plus où moins complète des papilles et 1 fois des altérations vasculaires; dans les autres cas le fond de l’œil était tout à fait normal. Ces chiffres donnent la proportion de 21,6 p. 100.

Le pourcentage des cas peut d’ailleurs ne pas être absolument précis, car pour être très exact 1l devrait porter sur des paralytiques généraux à une même période de leur maladie; les lésions oculaires doivent en effet ètre plus fréquentes à une période avancée de la maladie lorsque les lésions de l’encéphalite sont déjà très développées, Or à ce moment l'examen ophtalmoscopique devient très difficile chez des malades dont les troubles mentaux sont très accentués : aussi les statistiques portent-elles le plus souvent sur des paralytiques généraux au début. Je crois cependant que les proportions élevées de 70 et 80 p. 100 des cas où il y a des altérations du fond de l'œil sont trop fortes et qu'’ilne faut pas compter, comme des aspects pathologiques, des papilles et des rétines qui présentent des anomalies physiologiques.

Je diviserai l’étude des troubles du fond de l'œil dans la paralysie générale en deux parties : d’une part l'atrophie du nerf oplique, et d'autre part les troubles peu accusés et variables de la papille, de la rétine et des vaisseaux.

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