CHORÉE
Dans la chorée simple, chorée maladie qui n’est pas un symptome mais uneentité morbide, les troubles oculaires sont excessivement rares et les lésions oculaires n’existent jamais.
Trousseau et G. Sée ont cependant observé des troubles de la vue. Un cas intéressant est rapporté par Noël Guéneau de Mussy.
Swanzy, de Dublin, cite le cas d’une jeune fille de 10 ans qui à la suite de maux de tête perdit la vue de l'œil gauche et fut frappée de chorée partielle (bras et jambe gauches). Il y avait une embolie de l’artère centrale.
Mais dans tous ces cas on peut admettre qu'il ne s'agissait pas de chorée simple.
Dans aucune des observations de chorée que j’ai pu consulter, chez aucun malade atteint de chorée simple que j’ai pu examiner, Je n'ai trouvé de troubles oculaires. Dans quelques cas de chorée il peut y avoir des hallucinations de la vue.
BIBLIOGRAPHIE
De
GUÉNEAU DE Mussy. — Clinique médicale, 3° édition.
HIYSTÉRIE
Les troubles oculaires sont très fréquents et très importants à eonnaître dans l’hystérie. Mais ce sont des troubles fonctionnels : l'examen ophtalmoscopique ne révèle aucune lésion du fond de l'œil: le rétrécissement du champ visuel, qui est un des symptômes les plus constants de l’hystérie, ne s'accompagne d’aucune lésion du nerf optique ni de la rétine. Il est intéressant de connaître la forme de ces rétrécissements, car ils diffèrent des rétrécissements dus à une lésion organique (tabès, paralysie générale, sclérose en plaques). Le rétrécissement est concentrique, c’est-à-dire que le champ visuel est régulièrement diminué : le plus souvent il ya rétrécissement non seulement pour le blanc mais aussi pour les couleurs, mais dans un ordre différent de celui qui existe dans les atrophies de la papille : ainsiles limites du bleu, qui normalement sont plus étendues que celles du rouge, deviennent moins étendues que ces dernières; le rouge peut d’ailleurs dans certains cas être perçu dans des portions excentriques de la rétine où le blanc n’est pas perçu. Dans quelques cas on à pu noter de l’hémianopsie homonyme [Galezowski, Féré (4), Janet (14)].
Quelques auteurs ont trouvé tout à fait exceptionnellement des lésions du nerf optique. Charcot (3) cite le cas d’une hystérique atteinte d’amblyopie du côté gauche chez laquelle mon Père fit l'examen du fond de l'œil; à plusieurs reprises, le fond de l'œil fut reconnu normal, et à un dernier examen, mon Père trouva la papiile uniformément rouge et congeslionnée; les bords étaient effacés et troubles; une exsudation légère s’étendait sur la papille etun peu sur les vaisseaux, des dilatations fusiformes s’observaient sur une des branches inférieures de l'artère centrale; à une certaine distance de la papille et près de la papille cette artère était rétrécie. Mon Père pensait qu'il s'agissait de désordres dus à la contraction spasmodique des artères alternant avec leur dilatation
140 NÉVROSES et amenant soit des congeslions de la papille, soit de l’anémie, et par suite occasionnant cette suffusion péripapillaire.
Mon Père cite encore dans son traité d’ophtalmoscopie le cas d’une malade hystérique chez laquelle il v avait eu atrophie de la papille avec amblyopie. Leber (7) dit avoir observé l’amblyopie hystérique unilatérale avec scotome central qui se manifestait à l’ophtalmoscope par une décoloration du côté temporal de la papille (névrite rétro-bulbaire).
J’ai pu observer un cas analogue : une femme âgée de 59 ans, qui avait été traitée longtemps par Charcot pour l’hystérie, se plaignait d’un affaiblissement de la vuc du côté droit; le champ visuel était rétréci à 30°, dans toutes les directions; les couleurs étaient bien perçues : les deux papilles présentaient une décoloration très nette. Valois (13) a observé dans un cas des hémorragies de la rétine.
En résumé, les troubles de la vue, amblyopie hystérique unilatérale ou exceptionnellement bilatérale, sont des troubles fonctionnels. Quand on rencontre des lésions du fond de l'œil, on doit admettre que ces lésions dépendent de troubles circulatoires hystériques. En tous cas, il faut revoir le sujet longtemps après pour s'assurer qu’il ne s'agissait pas d’une lésion du nerf optique due à une affection organique concomitante au début, comme le tabès, la paralysie générale ou la sclérose en plaques.
BIBLIOGRAPHIE 1. A. Svyxos. — Des amblyopies et des amauroses hyslériques. Thèse, Paris, 1873.