PETITESSE DE LHOMME DEVANT L'OCÉAN
n*est qu*un ruisseau à côté des grands fleuves atnéricains, et la profondeur de l*eau n'est que de 7 mètres en quelques-uns de ses points. En considérant les difficultés de ce travail, n'est-on pas en droit d'affirmer que nous sommes loin dé nous attaquer sérieusement à rOcéan !
Jusqu'à ce que nous cessions de redouter autre chose que l'écrasement dans nos tunnels, la mer fera de nombreuses victimes et engloutira plus d'une riche cargaison. Il ne serait pas sans intérêt de faire la comptabilité de ce grand poui*voyeur, de calculer approximativement ce qu'il nous donne tous les ans et ce qu'il exige de nous en échange. Mais une simple éuumération des impôts océaniens serait, je crois, un peu fastidieuse ; l'histoire de leurs péripéties, des ruses employées par l'homme pour les lui ravir serait trop longue pour entrer dans le cadre étroit de ce petit livre.
Détournons-nous plutôt de ce triste spectacle, ne nous attachons pas trop à contempler l'homme quand nous, avons sous les yeux de bien plus grands sujets d'admiration. La pellicule péniblement grattée par nous à la surface de la terre compte à peine dans l'harmonie de l'univers; ses modifications ne sont rien, elles n'ont pour elles ni la grandeur ni la durée. Si, par l'intelligence, l'homme est le chef de la création, la faible influence qu'il exerce sur la nature doit bien humilier son orgueil. Sou travail physique passe inaperçu à côté de celui du modeste infusoire ; lui, le géant, il est matériellement pygmée devant l'atome.