‹ Le fond de la société sous la CommuneChapitre 1 sur 117 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

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Deux parts sont à faire dans le récit de la vie des peuples : 1" la part du fond social; 2* la part des événements. Les hommes surgissent du fond social , tantôt comme une production spontanée des idées qui y ont mûri , tantôt comme la production lente des idées qui y naissent , et comme les germes d'un avenir prochain.

Qu'a été la Commune ? une production normale du milieu social, ou un événement accidentel? Pour répondre à cette question, il' faudrait d'abord connaître le fond de la société, étude complexe dont nous avons, dans ce livre, abordé un côté.

Des sources d'informations qui doivent arrêter l'attention de rhistorien , les principales sont les journaux , et particulièrement les journaux judiciaires ; — les beaux-arts ; — la correspondance des particuliers, avec les dispensateurs du poUvoir. — ^^ C'est à cette dernière source que, par une insigne bonne fortune , il nous a été permis de puiser.

Lorsque les troupes nationales reprirent Paris , elles trouvèrent dans les localités occupées par les autorités communales, notamment à la mairie du XP arrondissement, un grand non^ bre de papiers que l'autorité militaire a fait rassembler, trier, classer au ministère de la guerre. Nous avons eu la permission de consulter et de transcrire ces documents *. Nous avons choisi

* Qu'il nous soit permis d'adresser ici Texpressioii de notre gratitude, d'abord au ministre de la guerre, M. de Cissey, auquel nous sommes redevable d'avoir pu prendre connaissance des pièces d'archives, à MM. les officiers chargés de leur classement, et particulièrement à M. le lieutenant-colonel Carré, dont les indications intelligentes et la parfaite obligeance ont singulièrement facilité nos rechercliea.

ceux qui se rapportaient à l'objet de notre travail. Ils sont mis pour la première fois sous les yeux du public , comme des éléments pour juger notre époque. Nous ne nous sommes point occupé des individus ; si des signatures figurent au bas des pièces, c'est qu'elles sont des garanties de notre sincérité et de l'authenticité des documents reproduits.

Dès les premiers pas que nous avons faits dans l'exploration de cette masse de pièces de toutes sortes , militaires , civiles et politiques, de notes et de lettres, d'ordres et de rapports, il nous a été facile de reconnaître que la Commune a été , avant tout, un gouvernement de police. En deux mois elle s'était outillée, à cet égard , aussi complètement que peut l'être une vieille monarchie despotique.

Elle se faisait tenir très-exactement au courant de ce qu'on disait d'elle hors de Paris et à Paris. De là deux sortes de rapports qui quotidiennement lui étaient adressés : 1° les comptes rendus sommaires des journaux de Versailles et de l'étranger; 2" les rapports des observateurs de l'esprit public à Paris.

Ce qui nous fait penser que les comptes rendus de la presse étaient tirés à un certain nombre d'exemplaires , et distribués sans doute aux membres de la Commune, c'est qu'ils sont autographiés.

Chacun porte un numéro, comme celui dont nous allons reproduire le commencement.

COMMUNE DE PARIS. N® 13

» Délégation de t intérieur et de sûreté générale,

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