PRESSE ETRANGERE
(22 avril 1871.)
« he Daily News observe qu'un grand nombre d'habitants de Paris, modérés dans le principe , se prononcent pour la Commune , qui , d'après ce journal , d'insurrection partielle est devenue une cause.
» Le Telegraph , s'accordant avec le Times du même jour,
prévoit que c'est dans l'intérieur de Paris, en admettant mémie qu'elles parviennent à y rentrer, que les troupes rencontreraient une véritable résistance. » Suit la relation.
Toutes les circonstances, toutes les manifestations, toutes les paroles des députés , toutes les démarches favorables à la Commune, sont, avec empressement, rapportées ou mentionnées dans ce bulletin. Le moindre témoignage de sympathie devient pour celle-ci un encouragement à la résistance. On le commente avec passion; on en induit que la révolte est juste , qu'elle a pour elle la sympathie générale, qu'elle triomphera , ou tout au moins obtiendra de la lassitude du Gouvernement ou de la pression exercée sur lui , une transaction avantageuse. C'est en voyant l'illusion dont se berçait la Commune qu'on sent l'étendue de la responsabilité qu'ont encourue les hommes qui, comme les membres de Ir Ligue de la paix, se sont appliqués jusqu'à la dernière heure à entretenir de folles espérances par des paroles inconsidérées et des actes imprudents.
Ces bulletins sont signés du chef de la direction de la presse , Alexandre Lombard. La presse parisienne , la presse départementale, y sont successivement dépouillées et analysées dans Tesprit de la Commutie. Parfois il y a eu jusqu'à trois bulletins différents autographiés pour le même jour, par exeinple pour le 8 mai.
On a trouvé dans le cabinet de Delescluze des articles préparés en réponse à des paroles ou discours de M. Thiers, ainsi que les cartes des rédacteurs du Daily Telegraph et du New- York Herald. Ces messieurs étaient très-avides de renseignements, et sollicitaient des communications de la Commune pour les insérer dans leurs feuilles avant qu'elles parussent ailleurs. Ensuite on faisait pour le Journal officiel de la Commune des extraits de ces communications dictées à l'étranger. Nous en trouvons du Daily Telegraph du 24 avril , du Standard du 19 avril. On sait que ces procédés de gouvernement n'ont rien de nouveau : la Commune, en mensonges comme en
précautions policières , n'a pas dédaigné de copier l'Empire.
Nous avons une autre source de renseignements, en quelque sorte intimes , dans les rapports des observateurs de l'esprit public , que nous reproduisons intégralement à la date à laquelle ils se réfèrent. Ils ont presque tous été recopiés parla' même main. A côté des copies se trouvent quelques minutes écrites au crayon. L'intérêt de ces rapports est inégal. Ils étaient lus cependant avec attention , et on a fait droit à quelques-unes des observations qu'ils renferment. En ce cas , elles étaient signalées à qui de droit par un trait au crayon rouge en accolade sur la marge : ainsi , les plaintes contre la sévérité excessive de certains arrêts de la cour martiale; le conseil d'çmplôyer aux tranchées les individus qui ne voulaient ou ne pouvaient marcher à l'ennemi, etc.
Plusieurs de ces rapports portent la signature de Moreau, le chef des reporters. Nous avons trouvé une lettre du 18 mai adressée à Delescluze, signée : Le chef des reporters, Guéné.