‹ Le fond de la société sous la CommuneChapitre 10 sur 117 · MAIRIE DE PARIS · texte numérisé non relu

MAIRIE DE PARIS

Annexe au procès-verbal du 21 mars 1871 au soir, minuit,

« Clemenceau. Nous pouvions prendre un beau rôle, si nous n'avions pas voulu faire une révolution gouvernementale. Mainte-

sous LA COMMUNE. 49

nant il est trop tard ; nous sommes débordés. L'Assemblée est effroyable , mais elle est la France , et nous serons avec eux emportés. Trois fois il a voulu donner sa démission, et pourtant il est resté; il ne croit pas que nous puissions réussir à faire des élections. Il a entendu dire que des gardes nationaux ont fait feu sur le peuple ; s^'il croyait que son concours pût nous être utile, il nous le donnerait; s'il le refuse, c'est qu'il est impossible de nous sauver. Nous aurons contre nous la République modérée, plus, les

monarchistes, plus, la majorité de Paris, sans compter 1' de la

municipalité. Il sait qu'il y a eu des manifestations.

« Henry l'a vu , et déclare qu'elles étaient composées de ces gfens que l'on connaît à la Bourse, à la mairie Drouot. Il n'y a pas eu de coups de feu.

a Clemenceau. Les maires et députés de Paris reconnaissent, malgré eux c'est vrai , mais ils reconnaissent l'Assemblée : l'Assem l>lée adoptant lés élections. Il se produira un conflit fatal si nous persistons. Il dit que nous aurions dû transiger pour nous réconcilier avec le Gouvernement. Nous sommes entraînés, et il nous est impossible de le faire. Ils servent d'instruments malgré eux; mais tout se retournera contre nous. Il a voulu une dernière fois constater le conflit qui existe fatalement entre lui et nous, et le conjurer. Il déclare que si nous avions rendu nos canons et gardé nos armes, la République était sauvée. (Protestations,)

u LocKROY demande que l'on ne récrimine pas sur des faits passés , car nous devons être d'accord sur les principes.

« DuvAL demande ce que l'on gagnerait à accepter la loi de l'Assemblée.

(( Clemenceau est venu sachant bien que c'était inutile; mais il a été guidé par un sentiment de sympathie.

« DuvAL réitère sa question.

M Clemenceau déclare que maintenant il est trop tard. Favre a élé épouvantable aujourd'hui.

tt LocKROT l'a traité d'infâme, et lui a déclaré qu'il n'y aurait jamais rien de commun entre eux.

a Clemenceau revient sur T élargissement de Chanzy. Il est représentant du peuple. (Protestations.)

u Lagord dit que la garde nationale ne voulait que ses armes, la nomination de ses officiers et leur révocation. Le Gouvernement a tendu un piège aux gardes nationaux; ceux-ci ont pris les canons. Le Gouvernement savait que la bourgeoisie avait plus à craindre

Touvrier, si celui-ci avait un fusil. Le Gouvernement a voulu désarmer; tout Paris^ a protesté. Seuls les élus qui n'avaient qu'à se montrer, ont accepté une position subalterne, et les maires o;it voulu ameper une transaction avec le Gouvernement. Il n'a pas assez de blâme contre eux, surtout pour ceux qui sont sortis de chez les ouvriers. Selon lui, il y a des assassins et des assassinés. Le choix a été fait par les municipalités.

« LocKROï dit que les citoyens dont veut parler Lacord ont été entraînés par les circonstances douloureuses où se trouve la France; que cela seul a pu les déterminer à parlementer avec les misérables qui n'ont jamais fait que vendre le pays. Il déclare qu'il ne reniera jamais les travailleurs. »

Page 1