‹ Le fond de la société sous la CommuneChapitre 101 sur 117 · LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ · texte numérisé non relu

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ

u Le Gouvernement provisoire de la République, a Voulant remettre le plus tôt possible aux mains d'un gouvernement définitif les pouvoirs qu'il exerce dans l'intérêt et par le commandement du peuple^ - , ,

a Décrète :

« Art. !•'•. Les assemblées électorales de canton sont convoquées au 9 avril prochain pour élire les représentants du peuple à l'Assemblée nationale qui doit décréter la Constitution.

a Art. 2. L'élection aura pour base la population.

tt Art. 3. Le nombre total des représentants du peuple sera de neuf cents, y compris l'Algérie et les colonies françaises. *

M Art. 4. Ils seront répartis entre les départements dans la proportion indiquée au tableau ci-joint.

« Art. 5. Le suffrage sera direct et universel.

u Art. 6. Sont électeurs tous les Français âgés de vingt et un ans, résidant dans la commune depuis six mois, et non judiciairement privés ou suspendus de l'exercice des droits civiques.

« Art. 7. Sont éligibies tous les Français âgés de vingt-cinq ans et non privés ou suspendus de l'exercice des droits civiques.

« Art. 8. Le scrutin sera secret.

M Art. 9. Tous les électeurs voteront au chef-lieu de leurcanton, au scrutin de liste.

tt Chaque bulletin contiendra autant de noms qu'il y aura de représentants à élire dans le département.

AJNTÉRIEQRS A LA GUERRE. 433

u Le dépouillement des suffrag;es se fera au chef-lieu du canton, et le recensement au chef-lieu du département.

« Nul ne pourra être nommé représentant du peuple s'il ne réunit pas deux mille suffrages.

« Art. 10. Chaque représentant du peuple recevra une indemnité de vingt francs par jour, pendant la durée de la session.

« Les membres du Gouvernement provisoire ,

« Armand Marrast, Garnier- Pages, Arago, Alrert, Marie, Crémieux, Dupont (de l'Eure), Louis Blanc, Ledru-Rollin , Flocon, Lamartine.

c« Le secrétaire générai du Gouvernement provisoire, *

U PagNERRE. n

Et c'est à ces douze citoyens , qui s'étaient improvisés chefs delà nation française , arbitres de son sort^ que nous devons tout ce que le suffrage universel a enfanté de merveilles chez nous, à partir du 6 mars 1848 :

La présidence de Louis Bonaparte ;

Le 2 Décembre, fait au nom de Tintégrité du suffrage universel ;

L'Empire, son Sénat, ses Chambres serviles;ses absurdes dépenses ; ses expéditions ou stériles ou malheureuses , et , en première ligne , la guerre du Mexique; — la guerre de Prusse.

Ces douze citoyens se sont posés comme les adversaires de Napoléon III; ils auraient dû se déclarer ses défenseurs, car il était l'homme du suffrage universel : ses actes ont reçu l'approbation du suffrage universel, et le suffrage universel, source du droit et de la puissance, était l'œuvre de ces citoyens.

Et la meilleure preuve des progrès que la bêtise française a faits depuis le 6 mars 1848, c'est que le pays, qui était redevable de tant de malheurs et de tant de hontes à ces citoyens, a laissé ceux d'entre eux qui survivaient se replacer à 3a tète après Sedan, en lui disant : «Nous allons te sauver une seconde fois. » Il semblait avoir oublié comment ils l'avaient sauvé la première fois !

Ne crovez pas que les terribles désastres qui ont suivi les

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