DOCUMEINTS ANTÉRIEURS A LA -GUERRE
expériences faites sur la France par ces citoyens, les aient rendus modestes et repentants. Ils sont toujours les amoureux fous du suffrage universel : ils referaient l'Empire et tous ses actes, plutôt que de dénier une vertu à leur idole.
Eh bien, que ces hommes reçoivent nos hommages, et subissent leur responsabilité !
Tout ce que l'inconscience du suffrage universel lui a fait commettre de sottises est leur ouvrage , et leur responsabilité remonte dans l'histoire encore plus haut que celle de l'homme qui , pour rendre indiscutables ses fantaisies et ses fautes , disait : « Moi seul suis responsable en ce pays » , — comme si les destinées d'un grand peuple, d'une vieille et illustre nation, pouvaient se placer sur la même ligne et avoir pour contre-poids la responsabilité, la vie et l'honneur d'un individu!
Au reste , les douze apôtres du suffrage universel en France ont sans doute une raison excellente pour Taimer encore, c'est que, vingt ans après leur chute du pouvoir, ils y sont remontés, grâce aux ruines et aux désastres que l'aveuglement et les choix détestables du grand électeur rural avaient produits. Ils n'ont ^as fait la révolution du 4 septembre 1870, comme on les en a accusés ; mais ils ont fait l'Empire en édictant le décret du 6 mars 1848, et l'Empire a fait l'abîme d'où a surgi le Gouvernement du 4 septembre.
A propos de cette révolution du 4 septembre , nous trouvons dans nos notes un récit que nos lecteurs seront bien aises de lire , bien qu'il ne se rattache que de loin aux faits qui sont l'objet principal de ce livre. Nous lé devons à un trèshonnéte homme et à un des meilleurs citoyens de notre temps, qui a servi le pays utilement sous la monarchie de Juillet, sous l'Empire et sous la République, à M. Magne. Nous n'avons pas besoin de dire que sa manière de juger l'Empire n'est pas la nôtre. Ce que nous avons écrit rendrait superflues des réserves que nous n'avons point eu à faire ici, puisque nous nous sommes borné à rapporter fidèlement les paroles de M. Magne, recueillies dans une conversation familière.
LA REV0LI:TI0N du 4 SEPTEMBRE 1870