‹ Le fond de la société sous la CommuneChapitre 17 sur 117 · CABINET DU SECRÉTAIRE GENERAL · texte numérisé non relu

CABINET DU SECRÉTAIRE GENERAL

« Paris, le 4 avril 1871.

u Le directeur du dépôt recevra et gardera au secret les nommés

Darboy et Lagarde.

u Raoul Rigault. »

a Une réunion de penseurs et de littérateurs, dit M. Malon, lança à son tour (après la Ligue de la paix) un manifeste sans le faire suivre d'aucune démarche. »

Nous extrayons quelques lignes de ce manifeste :

« I® République indiscutable, démocratique et laïque;

u 2'' Commune autonome, libreihentélue, fréquemment renouvelable, expression municipale, sociale et politique de la cité ;

« 3° Fédération des communes , garantie mutuelle de leur autonomie ;

u 4« Équilibre républicain, c'est-à-dire accord des deux courants républicains sur des principes communs , terrain permanent et solide, où les divisions et les variations doctrinales ou personnelles ne puissent plus compromettre au profit de la réaction la République que nous voulons fonder.

w GouDEREAu, André Lefevre, Louis Asseline, D' Létoub- NEAu, Yves Guyot , D' Onimus, etc. »

Fac-similé, d'un autographe de Raoul Rigault.

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sous LA COMMUNE. 73

Ainsi, voilà la FraDce telle que la conçoivent ces messieurs : une fédération de communes se garantissant réciproquement leur autonomie ! Est-ce là un programme sérieux? On a peine à le croire , bien que nous le trouvions formulé par tous ceux qui, en alléguant leur modération , leur humanité et leur impartialité , ont prétendu intervenir entre la Commune de Paris et le Gouvernement national. Il y avait certainement quelque chose là-dessous. Ce quelque chose, nous l'avons indiqué. En proclamant l'autonomie des communes, on annihilait les campagnes, on mettait le pouvoir aux mains des ouvriers des villes, on escamotait le suffrage universel. Les ouvriers, maîtres de Paris, en disposaient à leur guise. Ils disaient aux départements : « Nos affaires ne vous regardent pas. Paris est aux Parisiens; n exactement comme on répondait aux catholiques : Rome est aux Romains. Mais, objectaient les catholiques, c'est notre argent qui a fait Rome ; mais , devaient dire les départements, c'est nous qui avons payé la construction de vos édifices, de vi3S bibliothèques, de vos musées, de tout ce qui attire chez vous les étrangers et vous a enrichis presque à nos dépens ! — Et c'est pour cela que nous prétendons avoir Paris à nous tout seuls , auraient pu répondre les communeux en un élan de franchise. C'est une belle proie : à vous le reste de la France, bonnes gens, nous ne vous le disputerons pas; tirezvous d'affaire comme vous pourrez , avec nos frères des départements.

On comprend que les départements se soient montrés froids envers une idée sublime qui eût livré les dépouilles de Paris et la fortune du pays à quelques faubouriens de la capitale.

PAPIERS DE LA COMMUNE

«c Ce 4 avril 1871.

Formation d'une légion de vétérans, u Citoyens de .la Commune,

a Au moment suprême d'une lutte difficile, alors que tout sincère patriote se doit au salut public , avant le dernier combat de la République contre la royauté ,

ti D'une part, les bleus; d'autre part, les chouans;

u Permettez-moi de vous rappeler que nous vous avons offert , le 26 mars dernier, une réserve de vingt mille hommes : les vétérans de la République , tous vieux patriotes , n'ayant à aucun titre appartenu aux polices des gouvernements déchus ; tous citoyens estimés et honorés de leur arrondissement, et qui, pour Paris, vous constitueraient une garde urbaine^ respectée de tous, parce que tous étaient respectables.

« Notre offre est restée à Fétat de lettre morte et sans réponse. Au mx)ment où la Commune fait une levée en masse, il est fôcheux que les dévouements les plus sincères, le patriotisme le plus désintéressé, soient évincés ou stérilisés comme sous le Gouvernement de la défaite nationale.

^ a Vous oubliez, Citoyens, que nos destinées ainsi que les vôtres sont confondues dans la victoire ou la défaite. Pour mon compte et pour la défense de la République, je m'engage dans le bataillon des proscrits.

« Agréez, Citoyens, avec mes regrets, mes salutations cordiales.

« Le président du comité de prévoyance,

« Signé : Ernest Fanfernot,

« Economiste, ex-délégué de la République au département de l'Yonne, proscrit de juin 1848,

• Rue Saint-Mirtin, n»> 236 el 238. »

Voici un autographe de celui qu'on a appelé Bergeret luimême, en consacrant les termes dont s'était servi le colonel Henri, un homme de guerre d'égale force. Bergeret, commandant la place de Paris, dirigeait, de concert avec Cluseret, tous les mouvements des troupes.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

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