CALOMNIES DU JOURNAL OFFICIEL DE LA COMMUNE
M. Malon publie (page 225) un article du Journal officiel de Versailles, d'après le Journal officiel de la Commune. Nous avons compulsé avec soin le Journal officiel de VersailleSy pour y chercher l'article cité. Nous n'avons rien trouvé qui lui ressemble. C'est donc une invention pure, comme la Commune en a tant imaginé contre le Gouvernement pour le rendre odieux. Peut-être aura-t-elle mis au compte du Journal officiel un article emprunté à une autre feuille. En tout cas, voici le langage, qu'avec une insigne mauvaise foi, elle lui attribuait :
a Supposez maintenant que ce brillant état-major soit sorti
de son cabinet de temps en temps , pour aller entendre dans la rue
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parler entre eux les ren verseurs de gouvernements, les pillards et les assassins de soldats ; supposez qu'il lui ait été donné de pouvoir même causer librement et incognito avec eux ou avec ce qui leur sert de femmes, autre engeance terrible de dénonciatrices, de manufacturières diaboliques, qui s'acharnent après les honnêtes gens comme ces mille-pieds qui nous rongent dans nos cauchemars : croyez-vous que la sentence ne frappera pas plus juste?
« Nous jouons la France en ce moment. Le temps est-il aux morceaux de littérature? Non, mille fois non; nous savons le prix de ces morceaux-là. Faites un peu ce que les peuples énergiques feraient en pareil cas, pas de prisonniers.
« Si , dans le tas , il se trouve un honnête homme réellement entraîné de force, vous le verrez bien; dans ce monde-là, un honnête homme se désigne par son auréole.
il Accordez aux braves soldats l'a liberté de venger leurs camarades en faisant y sur le théâtre et dans la rage de t action , ce que de sang-froid ils ne voudraient plus faire le lendemain. Feu ! »
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
COMMUNE DE PARIS. — COMITE DE SALUT PUBLIC
uAu Citoyen délégué à la guerre»
« Paris, le 26 floréal an 79.
« Citoyen ,
« Veuillez faire exercer immédiatement un contrôle sévère aux portes de Paris, pour que personne ne puisse sortir sans être muni de laisser-passer en règle.
« Les cartes de diverses couleurs qui permettent l'entrée aux différentes administrations de la ville ne donnent nullement droit à sortir de la ville.
u Le Comité de salut public.
« Pour copie conforme,
o Le secrétaire général, u Signé : Henri Brissag. »
RAPPORTS DE POLICE
Bourse. — « On dît que douze cents fédérés se sont rendus aux Yersaiilais la nuit dernière comme prisonniers.
(( Les g^ardes nationaux qui montent la g;arde aux Tuileries en ce moment, sont, dit-on, d'une malpropreté dég^oûtante. On distribue tous les jours des effets à des hommes qui n'en ont nullement besoin. Il y a beaucoup de g^ardes qui ont des vêtements en double, tandis que d'autres n'ont pas seulement de souliers aux pieds. C'est un véritable gâchis, et il en est de même dans les autres administrations.
a Le fort de Vanves a, dit-on, été cerné hier par les Versaillais. Les fédérés ont dû Tabandonner, n'ayant plus de munitions ni de quoi manger. Un monsieur dit qu'il a vu rentrer ce matin un bataillon de gardes nationaux qui n'a pas voulu aller au feu; ils sont allés jusqu'aux fortifications; arrivés là^ ils ont refusé d'aller plus loin. Ils ont rebroussé chemin. Ce bataillon se composait, pour la plupart, d'enfants qu'on a enrôlés pour un verre de vin. Voilà donc les défenseurs de la Commune !
(( On dit que les membres de la Commune se livrent maintenant à des excentricités qui tournent à la folie. Ce qui prouve bien qu'ils sont on ne peut plus embarrassés, et qu'ils ne savent plus comment se retourner. C'est un journaliste qui est naturellement délégué à la guerre. Il est bon écrivain , c'est possible , mais il n'a pas le plus petit talent militaire. Il faut vraiment être fou pour accepter une mission comme celle-là dans une circonstance semblable; du reste, on ne doit pas s'en étonner; les chefs de l'armée n'en connaissent pas plus que leur général. »
Concorde. — « On dit que les Versaillais ne pourront pas nous couper les vivres. Les Prussiens s'y sont opposés , et ils ont fait rétablir le chemin de fer de Lyon. Des maraîchers se sont révoltés contre les gendarmes dans les environs de Saint-Denis, et ils sont rentrés dans Paris avec leurs marchandises. »
Quartiers réactionnaires.
Bourse. — « Si la Commune triomphe, dit-on, et que Paris puisse nommer son conseil municipal^ les garanties de la Prusse seront meilleures en ce sens que nous n'aurons plus d'armée permanente , ni de gros traitements à servie : ces économies, jointes à beaucoup d'autres , nous permettront de payer facilement l'indemnité de guerre.
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u La dépêche du délég;ué de la guerre, annonçant que les fédérés ont délogée les Versaillais du fort de Vftnves, en y entrant à la baïonnette , a produit un g^rand contentement. On a commencé d'ag^ir, dît-on, mais il faut continuer.
(( La colonne Vendôme n'a jamais représenté , dit-on , que Temblème de TEmpire. Ce n'est pas un mal de. la faire disparaître. Oh aimerait mieux voir à la place de ce monument une statue qui représenterait la Liberté, ou les lois de l'honneur.
u La Commune a raison, dit-on. de faire raser la maison de M. Thiers ; ce n'est pas le quart de ce qu'il mérite. Afin que tout Paris le sache bien, il faudrait élever sur l'emplacement une colonne avec une inscription indiquant que M. Thiers a fait bombarder nos maisons, et assassiner nos femmes et nos enfants.
« Une personne arrivée de Boug^ival , hier au soir , dit que les serg^ents de ville se plaig^nent beaucoup du Gouvernement de Versailles. Ils sont fatig^ués de servir, et n'ont pas encore reçu d'argent. '
u Chez un marchand de vins de cette localité, des marins parlent de l'attaque tentée sur Paris , il y a deux ou trois jours , qui n'a pas réussi. L'entrée devait s'effectuer par la porte de Passy , ils étaient cinquante mille environ ; beaucoup d'infanterie de marine. Le mot d'ordre devait leur être donné par un homme et une femme. La femme s'est présentée seule au moment d'agir, ils n'ont pas eu confiance, craignant une ruse de notre part , et la tentative n*a pas eu lieu. »
Quartiers populeux.
« D'après ce que je recueille, je vois aujourd'hui deux Paris.
a Le premier très-honnête, sans doute, mais prompt au découragement , et dont le cerveau se détraque en face de trop gros événements. Le second beaucoup plus intelligent, regardant, impassible, le changement de décoration de ce grand théâtre sur lequel se joue notre avenir.
(c Paris, numéro un, me fait l'effet d'une réunion d'aliénés. (Tout ce qui vient de se passer depuis deux jours l'a rendu fou.) Ce qui se dit dans ce Paris-là est insensé , abracadabrant ; c'est du javanais politique ; Gharenton faisant un cours de logique.
u Jugez plus tôt : « Où allons-nous !... où allons-nous !... Sàvezvous les nouvelles? — Oui, Rossel a arrêté Delescluze. — Du tout, vous n'y êtes pas. C'est le Mont-de-piété qui a décrété le rasage de
la maison Thiers. — Oh! c'est vrai, je n'y étais plus. Tout cela est tellement embrouillé. Oh*! ma pauvre tête ! Ils me rendront fou.
" — Qu'est-ce qu'il y a ? demande un citoyen en perçant la foule. — Heu! heu ! Ça va mal!... Le Comité central, ledélég^ué, la commission , le fort d'Issy^ les deux drapeaux, Delescluze, Rossel, Gluseret, les Prussiens, le Mont-de-piété; et puis ma femme qui m'attend depuis quinze jours. Triste!... triste!... et Garibaldi qui ne vient pas. — On le dit à Versailles. — Encore un, traître... Oh ! ma pauvre tête!... ma pauvre tète! — La Commune, elle aussi, nous trahira peut-être, et le Comité central, et le Mont-de-piété... Triste! triste! »
u Rassurez -vous ; demain , Paris , numéro un , ne sera plus le même ; donnez-lui l'espérance, et cette douche-là lui rendra la raison.
a Paris, numéro deux, a tout son bon sens, lui. Voici à peu près ce qu'il dit :
a — Si Rossel n'avait pas été coupable, il n'aurait pas fui." (Je demande l'honneur d'une cellule.) Pourquoi s'étonner que la Commune change, ou fasse arrêter ses généraux? Voulez-vous revenir aux fétiches? Supposez Rossel traître, et ayant eu les douze mille hommes qu'il demandait. Cette armée tombait au pouvoir des Versaillais. Voilà où mène la concentration des pouvoirs, tandis que c'est la faiblesse des pouvoirs qui fait la force d'une révolution comme celle-ci. (Ceci peut se contester.) La dictature, dites-vous? Mais vous arrivez alors aux Trochu, aux vendeurs de patrie, ou au César grotesque du 2 décembre. D'ailleurs, sans armées régulières, nous n'avons pas la prétention de faire la guerre scîencée {scientifique?)» Un général? Nous en avons un : le bon droite et ce général-là ne trahit jamais. Notre guerre à nous est révolutionnaire; faites-la à coups de canon, à coups de fusil , mais aussi à coups de tonnerre, si nous pouvons, avec tous les moyens de destruction que nous possédons; et si la Commune ne les employait pas, à son tour elle serait traître , et malheur à elle alors. Mais elle accepte d'avance toutes les conséquences de cette horrible lutte, parce qu'il faut que la victoire soit au bout. (Je relate sans aucune réflexion.) En définitive, Paris,.numéro deux, approuve la Commune, en ce qui a rapport à ses derniers actes.
M On demande toujours d'où vient que Montmartre dort (sans ronfler, bien entendu). Ce ne sont pas les moulins qui feront une page dans l'histoire à cet arrondissement.
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« On désirerait aussi voir toutes les grosses pièces en batterie. Nos pralineis, quoique républicaines, ne peuvent répondre aux pains de sucre de M. Thiers.
« Le chef dw service des reporters y
u Signé : Moreau. »
La lutte autour de Paris devient plus vive et plus meurtrière chaque jour.
u Au Citoyen Delescluze , délégué civil à la guerre.
a CiTOÎEN,
tt Je n'ai apporté aucun retard à l'incarcération du citoyen Még^y, ancien commandant du fort d'Issy.
« Hier, une heure après notre entrevue , Mégy était écroué rég[ulièrement à la prison du Cherche-Midi.
« Le jug^e rapporteur est chargée de poursuivre cette instruction avec la plus grande activité.
u Salut et fraternité.
« 21 floréal an 79.
« Le président de la cour martiale^
a E. Gois '. »