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COMMUNE DE PARIS. — DÉLÉGATION DES RELATIONS EXTÉRIEURES

Relations extérieures à Guerre.

tt Paris, le 20 avril 1871.

« Je reçois d'une source que j'ai lieu de croire excellente les renseignements suivants sur Saint-Germain.

u Les troupes versaiUaises se concentrent de plus en plus. Les hahitants ont été avertis de se tenir prêts à loger 40,000 hommes arrivant d! Allemagne y à raison de 10,000 par jour à partir dUaU' jourdhui.

u On parle d'une attaque générale projetée pour dimanche prochain et qui coïnciderait avec un mouvement provoqué à tintérieùr par des agents entrés sous divers déguisements.

u N. B. Madame de GalUffety qui habite Saint-Germain avec son mari, doit venir, déguisée en paysanne ou en femme de chambre, et descendra hôtel Pourtalès, rue Tronchet.

u On m'assure qu'a/Ze sera accompagnée <fun officier prussien déguisé en domestique et dont voici le signalement *: quarante ans environ, blond, grandes moustaches (probablement il les rasera pour la circonstance), parlant très-bien le français.

a Le père de madame de Galliffet, Charles Laffitte, est à Versailles , préparant un emprunt d'État,

u On parle de plus en plus de la retraite çle Picard.

u Le membre de la Commune délégué aux relations extérieures, ' « Pasghal Grousset. »

(Nous avons imprimé en italique les mots soulignés au crayon rouge dans l'original.)

Cette pièce, unique dans Fhistoire de la diplomatie européenne , montre quelle grande part occupait dans les préoccupations du jeune délégué aux affaires extérieures la moins laide partie du genre humain. C'est d'elle qu'il croyait avoir tout à craindre, et il eût été heureux de pouvoir surprendre madame de Galliffet et madame de Pourtalès dans ce costume de bergères sous lequel , je crois , topt Paris a vu ces dames aux

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montres des marchands de photographies. Les troupes de la Commune ont dû être sur pied toute la nuit pour rendre ce service à l'État.

Rien de charmant comme ce déguisement. N'est-ce pas celui qu'avait pris le délégué lorsqu'il chercha à sortir de Paris après l'entrée des troupes nationales? Il fallut lui ôter le corset dont les mains d'une aimable couturière l'avaient affublé.

Le dossier de notre Talleyrand en robe renferme cette autre pièce, qui prouve qu'il avait le goût et le génie des signalements :

«16 mai 1871.

a Je vous serais très-obligé de me faire savoir si vous n'avez pas, dans ces derniers jours , reçu la visite et les offres de service d'un jeune Anglais d'une vingtaine d'années (brun, de taille élevée, barbe naissante), ex-officier dans la marine et Tinfanterie anglaise.

u S'il en est ainsi, je vous demanderai de me faire savoir sous quel nom il s'est présenté, et quelles références et adresses il vou$ a données. »

Cette lettre est adressée à la fois au délégué à la guerre et au général La Cécilia, qui répond : Aucun Anglais ne s'est pré^ sente.

L'Anglais si impatiemment attendu , si bien observé par le délégué, ne s'est pas présenté! Cet ex-officier, qui, à vingt ans, avait des états de service dans la marine et l'infanterie anglaise (??), eût été un grand renfort pour la Commune en détresse, à moins qu'on n'eût découvert Pitt et Cobourg réunis dans sa personne élancée et sous sa barbe naissante!

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