‹ Le fond de la société sous la CommuneChapitre 76 sur 117 · MAL · texte numérisé non relu

MAL

Ce pouvofr occulte qui, sous le nom de Comité central, avait fait la révolution du 18 mars , était resté le mattre de Paris. Â mesure que la situation s^aggrave, son action devient plus ouverte. Il s'empare de la direction de la guerre à la dernière heure, et Delescluze lui-même parait se subordonner à lui.

FÉDÉRATION RÉPUBLICAINE DE LA GARDE NATIONALE

COMITÉ CEUTBAL.

« Au Peuple de Paris, a A LA Garde nationale,

a Des bruits de dissidence entre la majorité de la Commune et le Comité central ont été répandus par nos ennemis communs avec une persistance qu'il faut, une fois pour toutes, réduire à néant' par une sorte de pacte public.

a Le Comité central, préposé par le Comité de salut public à l'administration de la guerre , entre en fonctions à partir de ce jour.

a Lui, qui a porté le drapeau de la Révolution communale, n'a ni changé ni dégénéré. Il est à cette heure ce qu'il était hier : le défenseur-né de la Commune, la force qui se met en ses mains, l'ennemi armé de la guerre civile, la sentinelle mise par le peuple auprès des droits qu'il s'est conquis.

« Au nom donc de la Commune et du Comité central , qui signent ce pacte de la bonne ibi, que les soupçons et les calomnies inconscientes disparaissent, que les cœurs battent, que les bras s'arment, et que la grande cause sociale, pour laquelle nous combattons tous, triomphe dans l'union et la fraternité.

« Vive la République !

« Vive la Commune !

« Vive la Fédération communale !

u Paris, 19 mai 1871.

a La commission de la Commune y u Bergeret, Champ\, Géresme, Ledrôit, Lonclas, Urbain.

« Le Comité central,

u MoREAu, Pïat, B. Lagorre, Geoffroy, Gouhier, Prudhomme, Gaudier, Fabre, Tiersonnier,

BONNEFOY, LacORD, ToURNOIS, BaROU, ROUS- SEAU, Laroque, Maréchal, Bisson, Ouzelot, Brin, Marceau, Lévêque, Chouteau, Avoine fils , Navarre , Husson , Lagarde , Audoynaud, Hanser, Soudry, Lavallette, Château, Va- LATz, Patris, Fougeret, Millet, Boullenger,

BOUIT, DUCAMP, GrELIER, DrEVET. n

Par suite du décret paru à V Officiel, il ne reste plus à Paris que dix-sept journaux.

Ce sont :

Le Rappel. — Le Vengeur. — Le Cri du Peuple, — Le Réveil du Peuple. — Le Père Duchêne. — Paris-Libre. — Le Tribun du Peuple. — Le Salut public. — Le Journal officiel. — La Vérité.

— Le Journal populaire. — Le Bultetin du Jour. — La Politique.

— La Constitution. — U AvanUGarde. — U Estafette — et le Fédéraliste^ d'Odysse Barot.

Extrait de la séance de la Commune du 1 9 mai :

« Le CITOYEN PRÉSIDENT. — Voici uuc rectification du citoyen Mortier.

« Le CITOYEN Mortier. — Je viens protester contre une erreur des sténographes qui ont écrit Mortier pour Pottier; Je demande à ce que rectification du fait soit insérée à \ Officiel. Si la sûreté générale faisait évacuer ou fermer toutes les églises de Paris, elle ne ferait que prévenir mes désirs. Ce que je pourrais lui contester, ce serait la fermeture complète de ces maisons, car je désire les voir ouvertes pour y traiter de l'athéisme et anéantir par la science les vieux préjugés et les germes que la séquelle jésuitique a su infiltrer dans la cervelle des pauvres d'esprit. »

Avons-nous calomnié les communeux en supposant la possibilité d'une entente de leur part avec M. de Bismarck , confor" ihément aux intentions que celui-ci avait fait connaître le 12 mai? Â ceux qui douteraient, nous recommandons la lecture de ce passage d'un article de Jules Vallès, publié dans le Cri du Peuple du 19 mai. On verra avec quel respect ce membre de

sous LA COMMUNE. 335

la Commune parle de nos ennemis, et les sentiments ëlevës qu'il leur attribue :

u Que le Gouvernement de Versailles ait sollicité ce secours des Prussiens , c^ est possible, c'est probable. Ce serait le méconnaître que de l'en supposer incapable. Qui a livré et bombardé Paris, peut bien le livrer encore et le faire bombarder par d'autres.

u Mais que les Prussiens aient accordé ce concours, accepté ce rôle odieux, c*est ce qui semble moins probable. Il doit répugner à ces vainqueurs de se faire gendarmes, à ces soldats de se faire bourreaux,

« Le Gouvernement de Versailles veut la destruction de Paris. Il verra peut-être son désir satisfait. Mais il n'aura pas le triste et odieux honneur de l'avoir accompli. S'il s'allie à la Prusse, ce sera Paris qui se détruira lui-même et qui s'ensevelira sous ses ruines, plutôt que de laisser fouler le pavé de ses rues par les bombardeurs. »

Cet hommag;e rendu à la magnanimité de nos ennemis, qu'on déclare trop gens d'honneur pour prendre un rôle odieux, n'arrive-t-il pas bien à propos?

Le même journal publie, en effet, dans ce numéro où il juge les Prussiens incapables de se faire gendarmes et bourreaux, cette lettre, qui montre à l'œuvre dans notre malheureuse patrie la terreur prussienne :

u Une lettre nous informe que deux habitants d'Yvetot auraient été fusillés par les Prussiens. Nous trouvons la confirmation de ce fait dans le Nouvelliste de Rouen, qui publie en tête de ses colonnes le Communiqué suivant de l'autorité prussienne :

Notification^

«Les nommés Prosper Boivin, garçon boulanger à Yvetot, et François Grandin, vannier à Routes, accusés d'avoir attaqué, le 1* mai, deux soldats prussiens, et de les avoir blessés de coups de bâton, ont été condamnés, par un conseil de guerre, à la peine de mort et fusillés à Yvetot le 8 mai.

tt Cette exécution est portée à la connaissance des habitants du département, qui sont informés que si de semblables faits se repro-

duisaient, les coupables seraient poursuivis conformément aux lois de la guerre.

« Le lieutenant général commandant la deuxième division d'infanterie prussienne ,

« Von Pritzerwitz. n

GARDE nationale DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE.

Page 1