‹ Le fond de la société sous la CommuneChapitre 77 sur 117 · ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL

Rapport du colonel commandant les portes Maillot y des Ternes et BineaUy au général chef d'étàt-major, commandant de Paris.

« Porte Maillot, 19 mai 1871.

« Engagement assez sérieux vers deux heures du matin ; quelques bonnes bordées de coups de canon ont suffi à éteindre le feu.

« Je ,me suis avancé moi-même à la barricade avancée et ai pointé; j'ai démoli leur barricade qui se trouve en avant de la nôtre blindée. Ce soir je me propose de l'enlever.

M Ni morts ni blessés. Tout va bien. (Thiers est encore à la porte.)

« Envoyez-moi pour la batterie des Temes 500 projectiles de 12, et 200 de 24. Tous avec charge. *

« Recevez l'expression de mes sentiments dévoués.

u Le colonel commandant,

« Signé : Monteret. »

« Porte Maillot, 19 mai 1871.

«Les artilleurs demandent deux mitrailleuses, modèle Montigny, afin d'empêcher une sortie du bois de Boulogne par les Versaillais.

a Ils demandent aussi des ouvriers du génie pour remplir et porter des sacs à terre. Ils ne sont pas assez nombreux pour le faire.

« Le chef du service des reporters, u Signé : Guérin. »

SODS LA COMMUNE. 337

Rapport du colonel Monteret, — Porte Maillot, caserne.

« Petit-Vanves, 19 mai 1871.

u Hier, deux cents mètres , de fortes reconnaissances sont venues à la porte Maillot. Grâce à nos artilleurs du moment, les Versai!lais ont été repoussés. L^action a commencé par la fusillade. Pour •ce soir je m'attends à une attaque très-sérieuse. Je demanderai donc •un^ bataillon de renfort, mes hommes étant très-fatiçués. — Demande trois pièces de 12 et trois obusiers de campag^ne.

« Le chef du service des reporters,

u GuÉRIN. »

« Du 19 mai 1871.

« La prison du Clierche-Midi est encombrée d'un nombre consi- •dérable de détenus, plus de deux cents. La plugart des incarcérations ont été faites sur ^es ordres émanant d'autorités diverses et non justifiées... Je vous serais reconnaissant. Citoyen, de bien vouloir donner, dans votre ressort, les ordres nécessaires pour que ces déplorables abus ne soient pas renouvelés et que les auteurs en soient punis.

u Le juge rapporteur de la cour martiale, »

Au crayon, de la main de Delescluze : — uJe m'étonne dé n^ avoir pa^ encore reçu tétat nominatif des détenus et les causes de leur détention, »

Rapport de Millet^ membre du Comité central, dans lequel il se plaint d'un acte du g^énéral La Cécilia , qui se trouve constamment en état d'ivresse.

Il n'est question que d'hommes ivres. A la prison, les gardiens se grisent, les cuisiniers se grisent. Les détenus se plaignent qu'on leur fasse la soupe avec les croûtes de pain ramassées dans les cours et les cachots ; le directeur se plaint de n'avoir pas d* argent pour payer la nourriture des hommes , plantons, officiers et soldats, détenus et gardiens. Parmi les prisonniers se trouve un capitaine, Galis, du 208' (2* compagnie), qui, en

étal d'ivresse , a égaré un ordre qu'il était chargé de porter à

son colonel; un capitaine Guillomay, de Fëtat-major de la 11* légion, qui, dans une réunion publique , en état d^ivresse, s'était permis de frapper un enfant de quinze ans. Était-il ivre? Que valait l'enfant? Qu'avait-il fait ou dit ? Je me défie de la justice des communards; mais enfin ce sont les termes du rapport.

On vient d'avoir la mesure de la tempérance des fédérés, voici un exemple de leur tolérance (rapport du 18 au 19 mai) :

u Un citoyen au poste depuis hier 18, à sept heures du soir, en attendant le citoyen délégué.

a P. S. Le citoyen a été emmené au poste par deux de mes gardes pour mauvais propos contre la Commune. Interrogatoire commencé, »

« Paris, 19 mai 1871.

a Cher i^Mi,

u Je te dirais que je suis sortie du. Trône et je suis rentrés à la Vilette ; si tu peux venir me voir, cela me fera bien plaisir de te voir, et si tu ne peux pas venir, et la bonté de me rendre réponse à ma lettre. Je mennuie beaucoup, viens me consoller et me donez de la gaité. Voilà mon adresse : Boulevard de la Villette, n* 146.

a Je tanbrasse de tout cœur.

u Amanda. »

Lettre trouvée sur un ex-bon vivant.

Dans un rapport de l'officier municipal délégué au XVIIP arrondissement, E. Dauphin , se trouve ce fait :

u Le nommé Gaignez, ci-devant commandant supérieur des forges de l'artillerie à Montmartre, a poussé l'indignité jusqu'à faire charger une pièce et la faire tirer par une femme publique, «

Écrit à l'encre rouge : « Renseignements donnés sous toutes réserves parles francs-maçons;, comité du XVIII* arrondissement. » Cette pièce sans date se rapporte au mois de mai.

sous LA COMMUNE. 339

FÉDÉRATION RÉPUBLICAINE DE LA GARDE NATIONALE

COMITÉ CENTRAL

il La Commission a l'habillement,

u Propose au Comité central de vouloir bien statuer sur la question de la distribution des draps , à savoir que les draps pour confection de vêtements sont trop généralement distribué au fils de Moïse, qu'il importe de faire cesser cet abus en faisant trancher la tête. A bon enttendeur.

u Sallut.

it Lavallette, Château, Yallatz. »

« 19 mai 1871. »

Nombreuses plaintes d'officiers fédérés contre la maladresse de l'artillerie communarde , qui décime leurs troupes.

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