MAL
ce Les habitants de Paris sont invités de se rendre à leur domicile sous quarante-huit heures ; passé ce délai , leurs titres de rente au grand livre seront brûlés.
« Pour le Comité central,
u Grelier. »
Ah ! si la Commune en avait eu le temps , et lorsqu'elle reviendra!!... C'est bien tard qu'elle disait son dernier mot.
Quinze jours après l'arrestation de Blanchet.
jiu Citoyen délégué à la guerre, « Citoyen, veuilliez prendre connaissance de cette pièces qui
sous LA COMMUNE. 343
m'est communique de la part du citoyen Pourile dit Blanchet S ex-membre de la Commune. Je vous salue, votre ami d'exille.
« Signé : N. Pretet, « Secrétaire de la légion garibaldienne, 5^ division.
u Veuillez me donner un réponse. »
Aux Citoyens Keller, Puy^Martin, Pretet, Loisier, Fontaine, Ledroity Régère, Bergeret, Assy, Miot^ Delescluze, etc, etc.
u Quoique innocent et victime de la machination infernale d'une femme résidant à Lyon , je me suis laissé écrouer, parce que la Commune avait décrété que tout citoyen serait interrogée dans les quarante-huit heures , et tout membre de la Commune comparaîtrait devant elle à la prochaine séance qui suivrait son arrestation. £t voilà quinze jours que je suis sous les verroux, que Pair m*e manque, et que je ne sais rien du dehors. Les curés, les conspirateurs reçoivent les journaux, et sont traités avec égard,
u Dois-je être assassiné par les Yersailla^is? La Commune soupiret-elle après ma mort? Suis-je trop zélé pour quelques-uns? Tout ce qu'a vu Pretet à la préfecture de police, je l'ai révélé à la commission de sûreté générale. Qu'en a-t-elle fait? Rien. J'ai arrêté à la mairie un individu qui voyageait de Paris à Versailles , un individu qui m'avait donné des preuves de trahison : j'ai dicté un procèsverbal et l'ai fait conduire à la préfecture. Alemane (à qui je ne dois rien) en a été témoin ; le lendemain , l'inculpé était relâché. J'en ai parlé à la Commune, Rigai}lt a répondu par une fin de non-recevoir , se rejetant sur la 5" légion, qui n'était pour rien dans cette affaire. Décidément, j'étais donc de trop il y a un mois. Que se passe-t-il?Les gardes nationaux sont-ils découragés? Les Prussiens sont-ils d'accord avec les Versaillais? La Commune manque-t-elle d'argent? (Le docteur Parisel de la Commune est-4t prêt pour ses expériences?) (Secret.) Les lâches franchissent-ils toujours les barrières en donnant de l'argent aux agents de la préfecture
^ Le procureur de la Commune avait découvert qu'un membre de la Commune, nonuné Blanchet, était un ancien novice, chassé du couvent des Capucins, ancien agent de police, ancien banqueroutier, et que son nçm véritable était Pourille (Stanislas). Cet élu de la faveur populaire fut écroué à Mazas, sans respect pour le suffrage universel, car c'est le suffrage universel qu'il eût fallu punir de son choix. Blanchet ne valait pas moins que Pourille. On peut voir par ces lettres ce qu'ils valaient Tun et l'autre.
placés aux portes de Paris? La Commune n'est-elle pas à la hauteur de sa tâche, qui est plus lourde, il est vrai, que celle des hommes de 93, mais qui peut s'accomplir néanmoins, avec du cœur, de l'énerg^ie , du désintéressement et un dévouement absolu pour la République? Pourquoi temporise-t-on? Ne vaudrait-il pas mieux sacrifier mille hommes en quarante-huit heures que deux mille en un mois? Les ouvriers finiront par perdre le goût d'un travail rég^ulier. Attend-t-on que Dombrowski soit assassiné ou succombé? N'y a-t-il pas assez de gens de cœur pour conduire les Tiommes?^ Bergeret, Eudes , Ranvier, Brunel , Arnold , Puçet, Chardon, Johannard, Protot, Lavalette, etc. Que Delescluze avise. La situation, me paraît trop tendue. 11 faut en finir. Il faut que les bandits de Versaillais disparaissent du territoire français , ou tombent sous nos^ coups. Pas de demi-mesure. Jamais de conciliation.
u La viande est toujours hors de pr)x. Je cherchais des boutiquesdans le V* arrondissement , pour faire vendre à bon marché aux pauvres qui en sont privés depuis si long^temps, du porc et desviandes conservées ^ui se trouvent dans des caisses à la halle aux cuirs. On m'a arrêté au moment où j'allais mettre ce projet à exécution. Que mes électeurs me retirent le mandat qu'ils m'ont imposé, s'ils trouvent qi|e je ne l'ai pas rempli, ou s'ils ne veulent pas croire que je n'ai rien à me reprocher dans mon passé, c'est bien; maîsque la Commune, violant ses décrets, me mette à la torture comme l'Empire, je ne l'admets pas. C'est injuste, je le crierais sur lestoits, si je le pouvais.
a Au revoir ou adieu.
a Signé : Poubille, dit Blanchet,
u Membre de la Commune. »
« Mazas, 6^ division, cellule 46.
«Que notre légion s'org^anise; vous comprenez ce que je veux dire, Puy-Martin, Pretet, Loisier, Fontaine, etc. Dans le cas où les Versaillais pourraient traverser une porte de Paris : aux grands MAUX LES GRANDS REMEDES. Il y a dcs détcuus d'avaut le 18 mars, encore. Pourquoi? Les innocents pourraient travailler pour notre cause; ceux qui sont peu coupables auraient déjà pu être jugés, leur temps serait fait , et ils auraient grossi le nombre de nos combattants.
a Signé : Pourille, ^it Blanchet. n
sous LA COMMUNE. 345
Blanchet, dont nous laissons de côté la moralité, ne parait pas avoir été un auxiliaire très>utile pour la Commune, si Ton juge de sa force par le document suivant, sans date, mais écrit à l'époque où cet élu du suffrage universel aVait la liberté, dont il usait , de flâner dans Paris :
u II se trouve au Champ de Mars environ cent pièces de canon y obusiers , mortiers et pièces de 7 , une vingtaine de gardes nationaux seulement les protègent. Ce nombre est insuffisant. Y a-t-il lieu de laisser toutes ces* pièces au même endroit?
u Sous le pont Henri lY se trouvent sept canonnières. Est-ce bien leur place?
a La commission executive est priée de statuer.
u Blanchet, w Membre de la Gommane. »
COMMUNE ^E PARIS. COMITÉ DE SALUT PUBLIC
M Paris, 30 floréal aD 79.
a Citoyen Délégué ,
u Des citoyens préviennent le comité de Tabandon des batteries 61 à 67. Les portes sont brisées par le canon. Les munitions sont abandonnées dans les casemates. L'accès est si facile pour l'ennemi , que les citoyens qui viennent annoncer ce fait s^sont empressés d'en avertir le général Dombrowski, à la Muette, qui n'aurait prêté qu'une oreille distraite à leur déclaration , ce qui les a portés  se présenter au comité.
« Us auraient remarqué que des bataillons de gardes nationaux seraient massés dans Passy, inactifs et trop éloignés des remparts pour les défendre utilement.
u Veuillez, Citoyen délégué, donner promptement des ordres pour remédier à l'état de choses signalé.
u Salut fraternel.
« Le iecrétaire de la guerre,
« Signé : A. Héruette. » •
«Vingt fois depuis le. 18 mars, une colonne versaillaise , usant de certaines précautions , aurait pu , par une nuit noire ,
s'approcher des fortifications, franchir les fossés et les portes, et sans coup férir pénétrer au cœur de Paris. Sur dix points différents, la même tentative aurait eu le même succès. Aucune barricade sérieuse n'aurait arrêté les envahisseurs. Je ne parle pas de celle de l'avenue de la Grande- Armée, qui est toujours restée à l'état embryonnaire , ni du massif de pierre si sottement construit à l'intérieur de l'Arc de triomphe, où il ne protégait rien du tout. » (Lissagaray, p. 15.)
Ces assertions de l'historien de la Commune sont d'une parfaite exactitude, nous devons le reconnaître.
Ministère de la guerre»
« 20 mai.
« Le citoyen docteur Hirsiger (Joseph) est nommé directeur de la fabrication des projectiles asphyxiants et incendiaires dont il est l'inventeur. Il remplira cette fonction avec le grade de colonel,, dont il aura les prérogatives , et ce à partir du 15 mai courant. »
u Au bastion 41-43, la pièce Joséphine est sans afFût, les artilleurs attendent. Les poudres auraient été enlevées sur ce point par les employés du chemin de fer de l'Ouest. »
Nous apprenons par cette note que Joséphine, qui s'était si bien comportée pendant le siège et qu'on avait crue emmenée en captivité avec Valérie, n'a pu être déshonorée par la Commune.
COMMUNE DE PARIS. DÉLÉGATION A l' ENSEIGNEMENT.
« 20 mai.
« Citoyen,
u Le délégué à l'enseignement rappelle à la commission de la guerre la promesse de fournir un ' certain nombre d'uniformes de gardes nationaux aux instituteurs, et la prie de mettre le plus promptement possible à exécution cette promesse. ti Salut et fraternité.
« Pour le délégué à C enseignement, ti Larogebtte. n
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE