‹ Le fond de la société sous la Commune: décrit d'après les documents qui constituent les archivesChapitre 15 sur 100 · ORGANISATION DES COMMISSIONS · texte numérisé non relu

ORGANISATION DES COMMISSIONS

1* Commission executive. — Les citoyens : Eudes , Tridon , Vaillant, Lefrançais, Duval, Félix Pyat, Bergeret.

2* Commission militaire, — Les citoyens : Pindy, Eudes, Bergeret, Duval, Chardon, Flourens, Ranvier.

3® Commission des subsistances. — Les citoyens: Dereure, Champy, Ostyn, Clément, Parisel, Emile Clément, Fortuné Henry.

4* Commission des finances, — Les citoyens : Victor Clément , Varlin, lourde, Beslay, Régère.

5* Commission de la justice, — Les citoyens : Ranc, Protêt, Léo Meillet, Vermorel, Ledroit, Babick.

6* Commission de la sûreté générale, — Les citoyens : Raoul Rigault, Ferré, Assi, Cournet, Oudet, Ghajain, Gérardin.

7° Commission du travail, industrie et échange. — Les citoyens : Malon, Frankel, Theisz, Dupont, Avrial, Loiseau-Pinson, Eugène Gérardin, Puget.

8» Commission des services publics. — Les citoyens : Ostyn, Billioray. Clément (J.-B.), Martelet, Mortier, Rastoul.

9° Commission des relations extérieures. — Les citoyens : Delescluze, Ranc, Paschal Grousset, Ulysse Pareiit, Arthur Arnould, Ant. Arnauld, Ch. Girardin.

10® Commission de Renseignement. — Les citoyens : Jules Vallès, docteur Goupil, Lefèvre, Urbain, Albert Leroy, Verdure, Demay, docteur Robinet.

LES ÉLUS DU î AVRIL.

M. Malon, en faisant connaître la composilion cle la Commune, apprécie le caractère, le rôle politique et social de chacun de ses membres. Nous lui laissons la responsabilité de ses jugements, qu'il était en situation de porter avec quelque autorité.

On remarquera que nous nous occupons en général fort peu des individualités. La plupart sont moins qu'ordinaires. Le hasard et le club les ont fait surgir. Les autres sont des types, mais des types comme malheureusement il y en a toujours un certain nombre : Rossel, type de l'ambition ardlsn te, impérieuse et sans scrupule ; Delescluze, type du révolutionnaire aigri par les déceptions, par la colère, la persécution, l'âge et la maladie, fruit sec du barreau, comme Marat, le médecin des écuries du comte d'Artois, avait été fruit sec de la science ; Rigault, type de l'étudiant méchant, débauché, cynique, un héros de dépravation à une époque oii la jeunesse des écoles n'en manquait pas.

Nous ne prétendons pas dire qu'il ne s' est point trouvé d'honnêtes gens dans la Commune. Mais nous affirmons qu'aucune individualité remarquable ne s'y est produite. Toutes les fois que des agitations profondes feront remonter le fond boueux à la surface de la société, on trouvera pour représenter les passions, les appétits et les doctrines dç la revendication sociale , des éléments de i](iéme nature que ceux qui ont formé la Coip-

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mune. Pourquoi alors nous occuperions-nous d'individus dont aucun n'a joué un rôle distinct et exercé une influence prépondérante sur les hommes et sur les événements ? Il vaut mieux s'en rapporter au membre de la Commune historien de la Commune. Il nous fournit sur les forces diverses, qui forment le parti de la révolution des renseignements qui pourront ne pas être, un jour, sans utilité.

— Avant d'aller plus loin , dit M. Malon (pages 154 et suiv.), il n'est pas sans intérêt de s'arrêter sur la composition de la Commune.

U Internationale eut dix-sept élus : Varlin, Theisz , Avrial , MaJon, Langevin, Victor Clément, Duval, Frankel, Assi, Vaillant, Beslay, Pindy, Chalain, Clémence, Eugène Gérardin, Lefrançais, Dereure.

Le Comité central eut treize élus : Bergeret, Banvier, Billioray, Henri Fortuné, Babick, Géresme, Eudes (blanquiste), lourde, Blanchet, Brunel, Clovis Dupont, Mortier et Antoine Arnaud.

Le groupe des Blanquistes eut sept élus : Blanqui (déjà emprisonné par Versailles), Tridon, Ranc, Protot, Rigault, Ferré et Chardon. — Eudes, du Comité central, appartenait également aux blanquistes. Ranc, Tridon et Protot ne suivaient plus les réunions du groupe. Ranc s'était attaché à la fortune de Gambetta ; Tridon, intelligence élevée, cœur dévoué à la cause populaire, s'était rapproché de V Internationale .

La presse radicale et le parti révolutionnaire eurent neuf élus : Arthur Arnould , Jean-Baptiste Clément, Paschal Grousset, Jules Miot , Gambon et Félix Pyat. — Delescluze , Vermorel , Flourens et Robinet, qui se rattachaient à ce groupe par certains côtés, méritent cependant d'être mentionnés à part.

Les clubs eurent vingt et un élus : Amouroux, Jules Alix, Champy, Emile Clément, Demay, Charles Gérardin, Goupil, Ledroit, Lefèvre, Léo Meillet, Martélet, Ostyn, Oudet, Puget, Régère, Rastoul, Urbain, Ulysse Parent, Fruneau, Parisel et De^camps.

Le parti modéré bu bourgeois eut quinze élus : Desmarest, E. Ferry, Nast, A. Adam, Méline, Rochard, Barré, Beslay, Loiseau-Pinson, Tirard, Chéron, A.Leroy, Ch. Murât, Marmottan et de Bouteillier.

Ces derniers ne siégèrent pas pour la plupart, et quelques jours après ils étaient tous démissionnaires.

Dans les dix premiers jours d'avril, il y eut six démissions nouvelles, celles de Ranc, Ulysse Parent, Robinet, Lefèvre, Fruneau et Goupil.

Les démissions des élus de la bour(jeoisie étaient prévues; ils n'acceptaient pas la Commune, encore moins les tendances socialistes des élus des faubourgs. Les six dernière.s démissions furent moins explicables. La Commune considéra comme une fuite cette retraite avant le combat. Au point de vue des événements qui suivirent, cette retraite peut être plus sévèrement jugée encore. Bien souvent les mesures qui eurent les conséquences les plus graves ne furent votées qu'à la majorité de quelques voix. Par exemple, la formation du Comité de salut public ne fut décrétée qu'à la majorité de six voix. Il est soutenable que si Ranc, Goupil, Fruneau, Robinet, Lefèvre et Ulysse Parçnt avaient moins craint d'engager leur responsabilité , la minorité socialiste serait devenue la majorité , et les conséquences de ce fait auraient été inappréciables.

Parmi les membres restants , les internationaux étaient les plus connus delà population ouvrière depuis 1865. En 18G9, époque où V Internationale eut sou moment de crise, ces citoyens, aidés de Gombault et d'autres hommes dévoués, continuèrent fructueusement la propagande de V Internationale , Ils n'étaient pas sans influence, Varlin surtout, dans les sections internationales et dans les sociétés ouvrières, et ils avaient réussi à fonder des groupes nombreux, tant à Paris que dans les départements. Theisz, Avrial,. Langevin , Pindy, étaient les principaux représentants de la chambre fédérale des sociétés ouvrières. Assi était connu depuis la grève du Creusot. Frankel (citoyen autrichien) avait fondé une section allemande de V Internationale à Paris. Eugène Gérardin, Clémence» Chalain, Victor Clément et Dereure étaient également très-connus dans les sociétés ouvrières. Lefrancais, moins exclusivement international, était connu surtout par' son active propagande socialiste dans les clubs. Il va sans dire que tous avaient été plus ou moins condamnés par les tribunaux de l'Empire. Tous ces ouvriers se connaissaient; ils avaient lutté ensemble, habité ensemble les prisons impériales : c'était un groupe d'amis. Leurs tendances fédéralistes, leurs convictions socialistes, leur pratique organisatrice et administrative, les éloignaient du terrorisme empirique de 1793. Ils formèrent, dès les premiers jours (à l'exception de Dereure et de Chalain, qui passèrent à la majorité), un groupe compacte qui siégea à gauche et s'intitula socialiste, et que Jules Vallès, Vermorel^

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Ostyn, Arthur Arnould, Tridori, Bçslay, lourde, Verdure et Babick vinrent successivement renforcer.

La minorité socialiste voulait d'abord qu'un manifeste fût adressé à la France et une sorte d'ultimatum envoyé à Versailles, pour préciser les limites de la révolution communale et arriver, si c'était possible, à une reconnaissance par la France des franchises communales de Paris. Elle vota généralement contre les *mesures qu'elle qualifiait d'arbitraires, entre autres la suppression des journaux, et protesta contre diverses arrestations qu'elle jugeait inutiles. Vermorel, lourde, Lefrançais et Theisz furent ses orateurs les plus écoutés.

Les autres élus constituèrent la majorité, qui avait pour chefs Félix Pyat, Miot, Grousset et Gambon, tous bien connus du parti républicain. Ferré, Rigault, Billioray, Ghalain, Amouroux, Chardon, Urbain, Ledroit, Parisel, Ranvier, Henry Fortuné , étaient ses porte-voix les plus habituels.

De ce côté de la Commune , le jacobinisme dominait , grâce à l'influence de quelques hommes de 1848 qui s'y trouvaient, et du passage dans les sociétés secrètes de la plupart des jeunes révolutionnaires qui les suivaient. La prépondérance du jacobinisme, dn reste, portait seulement sur la politique, que les membres de la majorité ne voyaient que par son côté autoritaire ; elle n'excluait nullement le socialisme, dont la légitimité n'était contestée que par deux ou trois membres. Il est à remarquer que les décrets socialistes furent généralement votés à l'unanimité.

A roccasion des élections complémentaires du 16 avril, appelées à combler les vides faits dans la Commune par des démissions, et qui furent ratifiées, bien que les candidats les plus favorisés n'eussent pas obtenu la majorité absolue des suffrages,- M. Malon dit (page 158) :

« Les nouveaux venus ne changèrent en rien les forces relatives de la Commune.... Ce furent les citoyens Cluseret, Pottieret Johannard (tous trois de V Internationale)^ Pillot, J. Durand, Sicard, Philippe, Lonclas, A. Dupont, Viard et Trinquet, qui se rangèrent du côté de la majorité; J. Andrieu, Serrallier et Longuet (tous trois de r Internationale), Courbet et Arnold, qui passèrent à la minorité. »

PAPIERS DE LA COMMUNE

M. Josselin, membre du Comité de la garde nationale, à VHôtel de ville ^ Paris.

tt Paris, 29 mars 1871.

« Mon cher Josselin ,

« L'ami T-..'.. me dit que c'est le Josselin que j'ai connu qui est au Comité central. Poste dangereux à tous égards ! Puissiez-vous jusqu'au bout faire de bonne besogne.

« Au moment où l'Assemblée va examiner un projet de loi pour les loyers, la Commune traitera aussi cette question.

« Il y a quinze jours que j'ai rédigé un projet qui paraît satisfaire beaucoup de personnes.

u J'en ai envoyé une copie à mon ennemi intime J. Simon, une autre à un journal ; je vous en adresse une troisième.

« Faites-en ce que bon vous semble.

« Je suis votre voisin de l'Hôtel de ville. Gare aux boulets, s'il y a bataille ! Si vous avez une minute à perdre, venez causer un instant. Je m'occupe un peu de journalisme et de politique en province. C'est une pénible tâche. Mes renseignements pourraient vous être utiles.

M Tout vôtre. X...

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