‹ Le fond de la société sous la Commune: décrit d'après les documents qui constituent les archivesChapitre 19 sur 100 · SÉANCE ORDINAIRE DU 7 AVRIL · texte numérisé non relu

SÉANCE ORDINAIRE DU 7 AVRIL

« L'an mil huit cent soixante et onze, le sept avril,

« Le conseil municipal de la commune de Montreuil-sous-Bois, dûment convoqué par M. le maire, s'est assemblé au lieu ordinaire de ses séances , sous la présidence de M. Letellier, adjoint, remplissant les fonctions de maire.

u Présents: MM. Letellier, Lepère (adjoint). Préaux (Adrien), ViTR\ (Gustave), Charpy, Lahaye (Mathurin), Savard (François), Delaire , Bataille (Jean-Louis) , Gandil , Proust , Chevalier , Heimard, Couturier.

« .Absents : MM. Lueur, Vitry (Etienne), Hénin, Poupon, MassoN, Gillot, Blot, Cotin, Large (démissionnaire), Mainguel, Michel (décédé).

« M. Charpy remplissant les fonctions de secrétaire.

u L'attention du conseil est appelée sur la question de savoir s'il veut autoriser le maire à faire la publication d'un ordre émanant du délégué du Comité central près le ministère de la guerre, relatif à l'organisation des compagnies de marche.

sous LA COMMUNE. 83

« Eu égard aux nombreuses difficultés qui se produisent à l'exécution de cet ordre,

« 1" Parce que nous avons sur le territoire de la commune l'armée prussienne ;

u 2» Parce que les bataillons 48^ et 210* sont composés de gardes nationaux de différentes communes, Uosny, Villemomble, Neuillysur^Marne, Petit-Bry et Noisy-le-Grand ; qu'ils ne peuvent abandonner leurs foyers à cause de l'occupation totale de leurs territoires ' par la même armée prussienne;

« Les membres du conseil sont d'avis qu'il n'y a pas possibilité, quant à présent, d'exécuter l'ordre du ministre de la guerre.

« Cette proposition est adoptée à l'unanimité.

« Le conseil délègue M. Gharpy pour porter cette résolution au Comité de la fédération.

u Et les membres présents ont signé après lecture.

u Pour extrait conforme,

« Pour le maire de Montreuil ,

u L'Adjoint , u Signé : J. Letellier. »

Belle raison! la seule qu'on donne pour refuser son concours à l'insurrection, — la présence des Prussiens !

Dans une proclamation , Cluseret dit en terminant : « Danton demandait à nos pères de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace ! Je vous demande de l'ordre, de la discipline, du calme et de la patience : l'audace alors sera facile. En ce moment, elle est coupable et ridicule. »

On lit dans le Journal officiel de Paris :

« Avis aux éditeurs et imprimeurs de journaux. La déclar ration préalable pour la publication de journaux et d'écrits périodiques , de même que le dépôts sont toujours obligatoires, et doivent se faire au bureau de la presse, délégation de la sûreté générale et de l'intérieur, place Beauvau. » ' La vérité nous oblige d'ajouter que le dépôt légal s'est fait peut-être aussi exactement pendant la Commune que dans

les temps les plus réguliers.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

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