‹ Le fond de la société sous la Commune: décrit d'après les documents qui constituent les archivesChapitre 44 sur 100 · AMPUTÉS MALTRAITÉS PAR DES INFIRMIERS CIVILS · texte numérisé non relu

AMPUTÉS MALTRAITÉS PAR DES INFIRMIERS CIVILS

On avait substitué dans les ambulances les infirmiers militaires, c'est-à-dire des employés civils gagés par la Commune, aux Frères ignorantins, pauvres gens qui ne sont point tous sans doute dès modèles de savoir-vivre et de propreté, mais qui consacrent péniblement leur vie à l'instruction des enfants du peuple, et dont plusieurs avaient payé héroïquement de leur vie, pendant le siège, leur dévouement aux blessés. Sous la Commune, quiconque appartenait à la religion, de loin ou de près » était proscrit. II ne parait pas cependant, si l'on en juge par les pièces qu'on va lire, que les communeux blessés aient eu beaucoup à se louer du remplacement des Frères de la Doctrine chrétienne par les frères de la doctrine humanitaire , tels que les recrutait la Commune.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

COMMUNE DE PARIS

Au Citoyen Henri y colonel général de la place de Paris.

u Citoyen Général,

« J'ai l'honneur de vous prier, afin d'assurer le service tant administratif que disciplinaire, de vouloir bien me faire donner un poste de gardes nationaux, ne seraient-ce que des vétérans, qui seraient chargés de la police de l'ambulance de Longchamps , occupée précédemment par les Frères ignorantîns , et que je viens de remplacer par des infirmiers militaires.

« Salut et fraternité.

« Le citoyen officier et administration , li Signé : J. Gagedois. »

a Le co]onel rapporteur devra avec le commandant directeur visiter soigneusement les prisons du Cherche-Midi et leurs dépendances, faire dresser un inventaire sérieux des objets meublant les différents appartements; il dressera également un état du personnel , tant ancien que nouveau , attaché au service des prisonniers. Cet état renfermera une colonne particulière dans laquelle le directeur donnera son opinion sur l'intelligence, la moralité et le républicanisme de l'employé, enfin tout détail sommaire qu'il croira utile pour éclairer la religion de la commission militaire auquel ce rapport sera soumis.

« Je me propose de faire aujourd'hui un relevé complet du registre d'écrou , et de vous adresser demain un duplicata de ce relevé, où tous les détenus seront placés par catégories, suivant mon appréciation, bien entendu. Ce travail nous éclairera mutuellement, et pourra me fournir des renseignements qui me manquent.

u Je joins ici le bordereau des détenus à élargir aujourd'hui, et je vous prie de me le retourner de suite à la prison du Cherche-Midi.

« J'attends, Citoyens, une prompte réponse à cette lettre, afin de pouvoir agir suivant les instructions que vous me donnerez.

u Salut et fraternité.

« Ce 5 mai 1871.

« Le colonel rapporteur à la cour martiale ^

u Signé : E. Gois. n

On voit par les phrases que nous avons soulignées, que le citoyen était disposé à ne pas y aller de main morte, et qu'il voulait faire de cette cour martiale un véritable tribunal révolutionnaire dont il aurait été le Fouquier-Tinville , à la férocité près ; nous nous plaisons à nous arrêter à cette dernière hypothèse.

Au Citoyen directeur de la Manufacture des tabacs. « Citoyen , « Il importe que vous ayez, en vue des prochaines opérations militaires, un stock d'approvisionnement de six mois; je vous prie de me faire savoir en quoi je puis vous aider à compléter ce stock. Je tiens beaucoup à ce que le soldat ne manque pas de tabac.

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