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Le comité de salut public arrête : « Le colonel Rossel est chargé de l'initiative et de la direction des opérations militaires. »
« Là chapelle expiatoire de Louis XVI sera détruite. » Nous donnons ci-contre le fac-similé de la minute de ce décret insensé.
Nous nous rappelons que Y architecte, ou soi-disant tel, chargé de la destruction de l'édifice , vint à la Bibliothèque nationale pour rechercher les plans de la chapelle. Il n'en existe pas, et si le décret avait été exécuté, il ne serait pour ainsi dire rien resté qui pût donner une idée exacte de ce petit chefd'œuvre. Quand l'architecte nous eut fait connaître le but de sa visite, nous ne pûmes retenir cette parole : «Vous vous êtes chargé là, Monsieur, d'une bien triste besogne. — Pourquoi, Monsieur? répondit-il d'un air peu aimable. — Parce que vous allez détruire un des édifices les mieux réussis de Tai^chitecture moderne. — Il ne s'agit pas de cela; je suis chargé de démolir et non d'apprécier l'édifice. » Il trouvait cela tout simple,
ce jeune homme, et il estimait» avec tant d'autres aujourd'hui , qu'il est permis de tout faire pour arriver à ce qu'on appelle gagner sa vie.
il Le Comité de salut public,
« Considérant que l'immeuble connu sous le nom de Chapelle expiatoire de Louis XVI est une insulte permanente k la première Révolution , et une protestation perpétuelle de la réaction contre la justice du peuple,
« Arrête :
a Art. 1". La Chapelle dite expiatoire de Louis XVI sera détruite.
« Art. 2. Les matériaux en seront vendus aux enchères publiques, au profit de l'administration des domaines.
« Art. 3. Le directeur des domaines fera procéder dans les huit jours à l'exécution du présent arrêté.
M- Paris, le 16 floréal an 79.
« Le Comité de salul public,
u Ant. Arnaud, Ch. Giérardin, Léo Meillet , « Félix Pïat, Ranvier. »
u Le 5 mai, Rossel vint à la Commune. Il attaqua le comité de salut public et presque nominalement F. Pyat. Miot ayant maladroitement demandé au jeune officier quels étaient ses antécédents démocratiques, celui-ci répondit :
(( J'ai aimé, j'aime ardemment la France; mais pendant la dernière guerre j'ai bien été forcé de voir que la vieille France se mourait. J'ai vu et j'ai maudit l'incapacité et la lâcheté des chefs militaires; j'ai vu aussi qu'un ordre social oppresseur et inique touchait à son agonie. En haine de ceux qui ont livré ma patrie, en haine du vieil ordre social, je suis venu me ranger sous le drapeau rénovateur des ouvriers de Paris. Je ne sais ce que sera l'ordre nouveau du socialisme; je l'aime de confiance; il vaudra toujours mieux que l'ordre ancien. C'est pourquoi je me suis voué, c'est pourquoi. je travaillerai de toutes mes forces à la destruction du passé , que je hais d'une haine raisonnée et réfléchie , et à la préparation de l'avenir, que je vois dans la liberté et l'égalité pour tous : en uii mot, dans la justice. »
sous LA COMMUNE. 217
« Pyal était vindicatif: quelques jours après il attaqua Rossel avec la dernière violence. La mise en accusation et l'arrestation de Rossel furent votées par la Commune, qui ne voulait pas donner tort à son comité de salut public, à l'unanimité moins deux voix. » (Ma- LON, p. 304 et suiv.)