‹ Le fond de la société sous la Commune: décrit d'après les documents qui constituent les archivesChapitre 68 sur 100 · FÉDÉRATION! DES FRANCS-HAÇONS ET COMPAGNONS DE PARIS · texte numérisé non relu

FÉDÉRATION! DES FRANCS-HAÇONS ET COMPAGNONS DE PARIS

a Citoyen,

u II n'y a à l'École militaire seulement que 30,000 francs, somme insuffisante pour la solde des artilleurs ; et une grande partie des artilleurs se refuse à tout service tant qu'on ne les payera pas.

u Batterie des Enfants perdus, — deux arriérés de paye, non armés, non équipés.

u Deux des fédérés non payés, n

COMMUNE DE PARIS. COMITÉ DE SALUT PURLIC

■ Paris, 25 floréal.

u Citoyen Delescluze, faites arrêter Masson, chef d' état-major,

immédiatement si vous le pouvez, car il a, dit-on, été relâché sur

votre ordre.

tt Le comité de saiut public ,

u Ch. Gamraud , Billion.

a A remettre au citoyen Delescluze seul, qui donnera reçu. »

Etrange anarchie !

Part active de la franc-maconnerie dans ^insurrection, attestée par une série de lettres signées Longepied, Deschamps ^ Ferre t. Courtier, Thirifocq, président j Massé, signataires de la pièce suivante :

. il mai 1871.

a Citoyen Ministre,

tt En présence des événements malheureux que supporte la République, la Commune de Paris, soit par le fait d'inertie, d'incurie et d'incapacité , et surtout par Ja trahison ,

« Nous, francs-maçons et compagnons fédérés, qui voulons le triomphe du droit ,

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à Nous venons vous offrir le concours de notre influence et vous prier d'accorder la confiance que doivent mériter, soit nos recommandations, soit nos renseignements, parce qu'ils sont le rt3sultat d'enquêtes sérieuses et qu'ils émanent d'hommes qui remplissent leurs devoirs consciencieusement et avec tout le désintéressement désirable.

« Nous vous serions très-obligés de nous faire savoir votre réponse afin d'établir nos rapports faciles avec votre administration pour les divers services où il y aurait urgence. »

Lettre du 17. — «Le citoyen Deschamps, membre de la commission dt initiative y demande à s'entendre avec la Guerre pour un système de barricades. »

Lettre du 11. — « Urgence d'envoyer au bastion 73 obus et charges de 16 cent, de marine. La poudre manque, et le danger augmente sans cesse. (Les mêmes signataires, membres de la commission d'initiative.) »

Lettre du 21. — « Le citoyen Delescotj ex-chef de section des mouchards sous Badinguet, est encore aujourd'hui officier d'ordre à la 12* légion Très-important à signaler y écrit Deschamps. »

Lettre du 21. — « Autre dénonciation de Deschamps. »

Lettre du 17 mai. — «Chargés d'une enquête à l'École militaire; — harangue des gardes mécontents de ne pas être payés. »

Autre lettre du 17. — « Masannelly, commandant garibaldien à C Ecole militaire y accusé d avoir mangé les fonds de son régiment. Capable de tout, n

Lettre du 21 mai. — « Demande de Longepied et Vallette pour visiter les prisons afin de faire au délégué à la Guerre un rapport d'enquête sur les prisonniers sur lesquels il n'aurait point encore été statué. S'il y a des infortunés à secourir y que nous puissions vous les signaler,

« A Delescluze. n

11 y a dans cette dernière démarche des francs-maçons une intention très-honorable.

LES PRÉOCCUPATIONS DU aXOYEN MINISTRE AUX AFFAIRES EXTÉRIEURES.

Voici un des ragots auxquels employait son temps et sa verve le muscadin vipérin des relations extérieures , le citoyen Pas-

ayancé, il se retira, beau comme l'antique qui orne la pendule d'une modiste, inexorable comme le Destin.

Eh bien, il faut rendre justice à tout le monde : Paschal Grousset, arrivé au, pouvoir, n'a pas fait de mal ; il a peut-être essayé des corsets et des poignards , mais ne pouvant bouleverser le monde, il s'est borné aux seules fonctions que l'honnêteté lui eût permis de remplir sous la Commune, celles à^ conservateur des archives des affaires extérieures. Rien n'a été touché ni dérangé dans ce pVécieux dépôt , sauf, m'a dit mon spirituel ami M. Baschet, la calotte de M. F archiviste , et encore M. l'archiviste n'est-il pas certain que ce ne sont point nos. artilleurs qui Font prise. J'en demande pardon aux artilleurs!

Lorsqu'on se rappelle les scènes burlesques qui accompagnent ou précèdent les révolutions , on comprend «le dilettantisme des individus qui, n'ayant rien de Fhomme que la curio* site , se plaisent à ces spectacles où ils voient ruiner et massacrer leurs semblables , où le comique se mêle si constamment au tragique, que pour l'ennemi du genre humain» qu'on appelle le diable, ce doit être le sublime de la farce et comme la perfection de Fart.

On reconnaît aux décrets de plus en' plus menaçants de la Commune que Fheure fatale approche : « Les attaques contre la République et la Commune seront déférées* à la cour martiale. » Il est vrai que tous les journaux suspects avaient été supprimés. Le Gouvernement de Versailles était accusé d'un nouveau crime, le plus épouvantable et le plus lâche de tous y d'avoir fait sauter la capsulerie de Favenue Rapp , événement mal connu , attribué par les uns à Delescluze lui-même , par les autres à la négligence des fédérés, toujours buvant, toujours fumant à côté de la poudre qu'ils étaient chargés de garder. Plus tard, Delescluze annonçait que les coupables avaient &it des aveux et subi la peine qu'ils méritaient. — Qu'y a-t-il de vrai dans cette assertion? Y a-t-il eu des aveux quelconques, y

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a-t-il eu un châtiment, — qui n'aurait pu frapper que des innocents accusés de complicité avec Versailles?

Proposition faite ce jour à la Commune par un de ses membres. Le temps a manqué pour l'examen etTadoption : «

« Art. l•^ Tout citoyen qui aura pris part à la défense des libertés communales et de la République, aura droit à une pension de trois cents francs, dont le premier trimestre sera payé trois mois après le jour où une victoire complète aura été remportée par l'armée des défenseurs de la République «ur celle des royalistes versaillais.

«Art. 2. Tout soldat de l'armée versaillaise, à quelque corps •qu'il appartienne, venant se ranger sous la bannière de la Commune et de la République, aura droit à la même retraite.

« Art. 3. Tout citoyen de la province qui prendra les armes pour défendre la République et les institutions communales, aura également droit à la même retraite.

« Art. 4f. Tout officier et sous-officier de l'armée de Versailles, venant défendre le drapeau de la liberté , aura droit à la retraite proportionnellement à son grade. »

Extrait du Tribun du Peuple du 17 mai, de M. Lissagaray. Il renferme le passage d'une lettre d'un correspondant de Versailles. On voit que tout a été calculé par les partisans de la Commune pour le succès de l'insurrection , et qu'ils avaient escompté jusqti'à l'épuisement des forces de nos malheureux soldats revenant des prisons d'Allemagne :

« Ce qu'il faut dire à la province, ce n'est pas de se lever en arm.es , chose matériellement impossible , pour venir au secours de Paris, mais bien que Paris est en état de résister jusqu'à ce que la province ait organisé les manifestations qui se préparent de tous côtés, malgré* les poursuites des parquets et les circulaires de M. Thiers, contre la continuation du siège. J'ai quitté Paris persuadé que tout assaut serait victorieusement repoussé. Depuis six jours', après avoir parcouru les principaux cantonnements de l'armée de Versailles, je persiste plus que jamais dans mon opinion.

« Les proclamations du maréchal Mac-Mahon ne doivent pas plus vous décourager qu'elles ne parviennent à relever le moral

des troupes, qui sont profondément convaincues qu'un assaut serait horriblement meurtrier. La majeure partie des soldats se compose^ vous le savez , de jeunes contingents peu habitués au feu et aux ^siti^es d'une campag^ne rendue fort rigoureuse par la fraîcheur des nuits. Les soldats revenus d'Allemagne, usés par buit mois de captivité et de privations de toute nature , et auxquels il faut refaire un tempérament et une discipline, obéissent sans entrain. »

MOBGUE DE PARIS.

M Reçu à la Morgue deux corps du sexe féminin et des débris de corps humain envoyés par M. le jniiembre de la CSommune.

« Ce 17 mai 1871.

« Pour le greffier^

u GUIBLAIN. »

D'où vient cette note mystérieuse? Quelles étaient ces^ femmes? Comment des débris de corps humain étaient-ils dans la possession d'un membre de la Commune? Évidemment ces cadavres ne venaient pas du fleuve, mais bien d'une de ces exécutions dont on n'a jamais connu et dont il faut désespérer de connattï*e le nombre et les causes.

Le jour de l'explosion de la cartoucherie de l'avenue Rapp , la Commune rendait le décret suivant :

u La Commune de Paris ,

«Considérant que l'église Bréa, située à Paris, 76, avenue d'Italie (XIIP arrondissement), est une insulte permanente aux vaincus de Juin et aux hommes qui sont tombés pour la cause, du peuple ,

a Décrète :

« Art. l". L'église Bréa sera démolie.

« Art. 2. L'emplacement de l'église s'appellera place de Juin. « Art. 3. La municipalité du XIII® arrondissement est chargée de l'exécution du présent décret. »

« Ce décret mit le comble à la haine de la bourgeoisie. Il fut mal libellé; on aurait dû rappeler que Bréa avait fait fusiller,

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quelques heures avant son arrestation , quatre-vingts prisonniers à qui il avait promis la vie sauve, et que, quelque regrettable que fut sa mort , elle fut expliquée par l'indignation qu'avait causée sa récente cruauté. » (Malon, p. 328.)

Nous avons eu Thonneur de connaître particulièrement le général Bréa. C'était un brave officier, avantageux de sa personne, plein de confiance en lui-même, aimé de tout le monde, et bien éloigné de mériter cette accusation de cruauté, qu'on lui adresse certainement pour la première fois. Au reste, M. Malon blâme ce décret odieux^ surtout dans les considérants qui le motivent. Mais il trouve là l'occasion de justifier l'insurrection de juin. « Les héros de juin, dit-il, doivent éite relevés de Fanathème dont les bourgeois, après les avoir massacrés, ont frappé leur souvenir. » A la bonne heure! nous n'avons rien à répondre à cette logique. Les héros de juin qui ont assassiné le général Bréa, sont les frères des héros du 1 8 mars qui ont assassiné les généraux Clément Thomas et Lecomte. Pourquoi donc blâmer le décret de la Commune? Les bêtes féroces ont droit à une égale justice.

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