‹ Le fond de la société sous la Commune: décrit d'après les documents qui constituent les archivesChapitre 69 sur 100 · COMMISSION PERMANENTE D*INITIATIVE ET DE PROPAGANDE · texte numérisé non relu

COMMISSION PERMANENTE D*INITIATIVE ET DE PROPAGANDE

« Paris, 17 mai 1871.

Guerre.

u Fusils à tir rapide provenant du désarmement des francsfileurs.

« Chargé dix wagons, chemin de fer de ceinture, à l'embranchement du chemin de fer du Nord , partis direction de Saint-Denis.

u Chemin du Nord insuffisamment gardé. (Communiqué par les

employés du Nord.)

(Pas de signature.)

« Ne vaudrait-il pas mieux laisser les fusils à tir rapide aux sédentaires que de les envoyer à Versailles? n

Andreux , fabricant d'armes : « Je fais des sabres pour les merri" bres de la Commune qui seront plus que beaux, n (17 mai.)

Ces sabres plus que beaux arrivaient tardivement, car ils oe pouvaient servir que pour la parade, et l'heure de la parade était passée.

COMMUNE DE PARIS. COMITÉ DE SALUT PUBLIC

■ Paris, ce 17 mai 1871.

« CiTotEN Délégué ,

« Un citoyen rappelle au comité de salut public tout le parti qu'il serait facile de tirer de la position de l'Arc de triomphe pour balancer l'action de l'artillerie du Mont-Valérien et des batteries de Courbevoie.

u Le terrain de l'Arc de triomphe se trouve à 58 mètres au-dessus de celui de Paris et de la plaine de Longchalnps. Les chambres qui se trouvent au-dessus de la voûte sont élevées de 50 mètres au-dessus du sol. Or, le Mont-Valérien n'a que 125 mètres d'altitude. L'on pourrait de là non-seulement répondre au Mont-Valérien et à Courbevoie , mais balayer tout le bois 4e Boulo(jne.

a De plus , nos canons se trouveraient parfaitement abrités par

les chambres du monument, largues à l'intérieur de plusieurs

mètres.

u Salut et fraternité.

« Le secrétaire de la guerre,

« Signé : A. Héruette. »

a J'ai l'honneur de vous annoncer qu'en exécution d'un arrêté du délégué de la guerre, les sergents-majors doivent donner l'indemnité à toutes les femmes , légitimes ou non , de tous les gardes nationaux qui remplissent leurs devoirs de citoyens.

« Le chef de la 3* légion, u Colonel Spinoy. m

Voici en quels termes le Gouvernement était accusé d'avoir fait sauter la cartoucherie de l'avenue Rapp. Dans celte proclamation odieuse, on parlait d'mviNCiBLES moyens de défense, mots sans signification , s'ils n'avaient désigné le pétrole et les matières incendiaires devant lesquelles il semblait que Paris dût s'anéantir et la France reculer épouvantée.

sous LA COMMUNE. 329

Rapport du délégué civil à la guerre au comité de salut public,

« Hier, vous appreniez Tépouvantable forfait commis dans nos murs par nos infâmes ennemis, et vos cœurs patriotiques ont frémi d^indig^nation contre les coupables, et de douleur pour tant d'innocentes victimes.

a La cour martiale est saisie.

u Justice sera faite sans retard.

a Aujourd'hui, nous ne pouvons encore vous donner le «nombre exact des victimes, lequel, heureusement, est bien au-dessous de ce qu'on avait à craindre

a En somme, une cinquantaine de blessés; la plupart des blessures sont lég^ères : voilà tout ce qu'auront gagné les hommes de Versailles.

il La perte en matériel est sans importance , eu égard aux immenses approvisionnements dont nous disposons i il ne *restera à nos ennemis que la honte d'un crime aussi inutile qu'odieux, lequel, ajouté à tant d'autres, à défaut de nos invincibles moyens de défense, suffirait à tout jamais pour leur fermer les portes de Paris.

« Tout le monde a fait plus que son deVoir; nous avons peu de morts à déplorer.

■ Paris, le 28 floréal an 79.

« Le délégué civil à la guerre ,

u DeLESGLUZE. I)

« Considérant que dans les jours de révolution, le peuple, inspiré par son instinct de justice et de moralité, a toujours proclamé cette maxime : « Mort aux voleurs ! »

u La Commune de Paris ,

« Décrète : ^

« Art. 1*. — Jusqu'à la fin de la guerre, tous les fonctionnaires ou fournisseurs accusés de concussion, dépradation, vol, seront traduits devant la cour martiale; la seule peine appliquée à ceux qui seront reconnus coupables sera la peine de mort.

« Art. 2. — Aussitôt que les bandes versaillaises auront été vaincues , une enquête sera faite sur tous ceux qui , de près ou de loin, auront eu le maniement des fonds publics, n

u En même temps se faisaient jour des menaces de coup d'État de la majorité contre la minorité, du Comité central contre la Commune, des chefs militaires contre la Commune et le Comité.

u Au milieu de cette fermentation anarchique, de ces dangers intérieurs qui se traduisaient par des conflits de pouvoir, on ne prévoyait pourtant pas que le jour de la défaite fut si proche. Les femmes continuaient d'entretenir une véritable agitation révolutionnaire; leurs clubs étaient nombreux, et leur action se fusait sentir dans tous les arrondissements. Des bandes d'enfsints promenaient dans les rues de petits drapeaux rongées en chantant la Mcurseillaise et en criant Vive la Commune l

u Quant aux journaux, ils étaient remplis d'une parfsdte sérénité et annonçaient tranquillement que, si les Versaillais entraient, ils ne sortiraient pas. » (Malon, p. 236.)

« 18 mai.

« Citoyen,

u Dans la séance de la Commune du 9 mai, vous vous êtes exprimé ainsi :

a Le comité de salut public n'a pas répondu à ce qu'on attenu dait de lui. Il a été un obstacle au lieu d'être un stimulant. Je u dis quHlfaut qiCU disparaisse. »

u Si l'on vous avait écouté , on aurait fait disparaître ce comité, et la Commune ne serait pas dans la déplorable situation où elle se trouve. Vous avez trop d'intelligence pour ne pas reconnaître que le gouvernement communal est en désarroi et que le comité de salut public, sur lequel vous avez porté un jugement bien fondé le 9 mai , en est une des principales causes.

c< Il y a dans le sein de la Commune des hommes ardents, des tièdes, des traîtres, oui, des traîtres, et j'en >ai des preuves. Je ne vois pas de citoyens réunissant toutes les qualités nécessaires pour diriger convenablement le char- municipal. Les ardents le feront culbuter comme les traîtres; les tièdes le feront rester en chemin. Il faudrait des hommes sages, honnêtes, grands partisans de la légalité en tout et pour tout, afin d'attirer les esprits fiévreux au lieu de les aliéner.

« Vous connaissez le proverbe : « On prend plus de mouches avec du miel qu'avec du vinaigre. » La violence produit la réaction.

sous LA COMMUNE. 331

et d'après une maladroite proclamation aux (j^ardes nationaux , du 27 floréal , le Gouvernement de Versailles serait disposé à rétablir la monarchie, sans doute parce qu'il sait les irrégularités de la Commune à Paris , et non de la République.

« Signé : Persillon. »

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