HALE (W. C
L’Amoüb et le Mtbte.
“ Gentes fleurs de l’été, vivez, vivez pour moi ! ”
Leur dit le jeune Amour j>ar un beau soir d’automne :
“ Que deviendrai-je, hélas ! moi qui par vous suis roi ? . . Que vous ne soyez plus, et je perds ma couronne ! ”
À l’hirondelle.
Les fleurs ne dirent mot ; c’est en vain qu’il priait, Chaque brise au matin l'entourait de décombres,
La feuille sur la feuille à chaque instant tombait, S'affaissant de la mort dans les nuages sombres.
Lorsque le rude hiver eut enterré l'été,
Sous d'énormes débris de feuilles et d’éteules,
L’Amour errant transi, dans sa verte gaîté Vit le Myrte agitant ses feuilles restant seules :
“ Oh 1 ” fit-il à l'aspect du charmant arbrisseau :
“Je trouve sous ce toit un logis magnifique,
Et je vais m’y blottir. Dorénavant tout beau !
Au froid sous ce bosquet je puis faire la nique 1 ”
“ Viens t'abriter ici,” dit le Myrte à l’Amour,
“ Mon printemps étemel, tiens, je t’en fais hommage,
Et quand viendra l'hiver, moi, je cramponne autour De toi, comme un manteau, mon vert et frais feuillage." Et c'est depuis ce temps qu'on voit nos amoureux Auprès de la beauté pour trouver moins d’obstacle, D’une branche de Myrte accompagner leurs vœux ;
Car de l’Amour le Myrte est le doux habitacle !