‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 122 sur 396 · LA SUIT SOURCE 1)K SAPIENCE · texte numérisé non relu

LA SUIT SOURCE 1)K SAPIENCE

Et puis tous effacés pour toujours, à jamais,

Telle est la vie !

Les vœux de l’amitié faits avec tant d'émoi Bientôt brisés, souvent sans trop savoir pourquoi, Nargue des gages saints dont fut si doux l’octroi,

Telle est la vie !

Se cramponner enfin pour conjurer le sort Au cœur fidèle et sûr dont l'amour est le port,

Et puis le voir partir emporté par la mort,

Telle est la vie !

Donc puisque nos plaisirs ne sont que vains plaisirs, Nos espoirs des éclairs suivis de vains soupirs,

Ne devrions-nous pas saluer de désirs

Meilleure vie !

Là, lorsque notre œil terne à peine sera clos,

Là, l’âme à tout jamais trouvera le repos,

Et plus n'aurai besoin de dire à tout propos :

Telle est la vie !

Mais bien en rencontrant sous les sacrés parvis Vêtus de pureté, ceux qu’elle aimait jadis,

Adorer et chanter Dieu le père et le fils,

Sera la vie !

HABINGDON (W.)»

La Nuit Source de Sapience.

Quand je contemple à l'heure de minuit, Tout pensif, la céleste sphère De joyaux émaillée, et que la sombre nuit Dans Bon noble appareil apparaît à la terre ;

Au firmament, séjour mystérieux,

Tout à coup prend son vol mon âme, rour déchiffrer, pour lire au grand livre des cieux Du Tout l’uissant quel est le sublime programme.

Car c’est un fait, il n'est point d’astre au ciel Dont si minime soit la tlamme,

Qui n’ait écrit sur lui le nom de l'Eteruel,

Et qui, silencieux, à tous ne le proclame ;

l’amoub et le mybte.

Aucune étoile aux regarde se cachant, Qui ne contracte sa lumière De manière à former pour l’esprit chevauchant Qui s’en va dans son vol interroger la sphère,

Un cercle, un point où dans l'immensité Comme en un livre il puisse lire, Que le ciel ne nous montre autant de majesté Qu’afin de nous servir d’éternel point de mire,

Et de graver au fin fond de nos cœurs L'inanité de la puissance

De ces heureux d’un jour, rois, ou bien empereurs, Qui sur le sang versé trônent leur existence.

Que pour apprendre à ces buveurs de sang Que d’une contrée ignorée,

11 peut soudain descendre, et ce, de but en blanc Une armée, elle aussi de carnage altérée,

Ou quelqu'essaim de quelque nation

Vivant dans des climats de glace,

Peut bien être lâché pour la punition

Des brigands couronnés, pour leur donner la chasse-,

Jusqu'à ce que ces conquérants nouveaux Egalant les vaincus en vice,

Refoulés à leur tour, succombent sous leurs maux, Car chaque trône humain recouvre un précipice.

Ainsi ces feux célestes de la nuit

Bien que muets en apparence, Démontrent le néant de nos désirs, — vain bruit Qui, né de l’orgueil, meurt de sa propre indigence.

Car tous ces feux ils ont veillé sur nous Depuis le premier jour du monde,

Ils ont vu le péché grouiller sous leurs dessous,

Et rien de permanent sur cette terre immonde.

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