‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 129 sur 396 · HEBER · texte numérisé non relu

HEBER

Dieu pourvoit au Lendemain.

Voyez! des lis de la vallée Vous instruit la tige fouillée !

Oyez l’avis essentiel

Que donnent les oiseaux du ciel !

CHAGRIN ET P0ËB1E.

Arbre ou buisson tout justifie Cette douce philosophie :

Mortels fuyez le doute et le chagrin,

Car le bon Dieu pourvoit au lendemain !

En tous lieux les rois n'ont pas certe Comme nous, oiseaux, table ouverte, Et leur tunique d’apparat De la rose n’a pas l’éclat.

Nous n’avons greniers d’abondance, Mais gais nous chantons l’espérance :

Mortels fuyez le doute et le chagrin,

Car le bon Dieu pourvoit au lendemain.

Celui là qui régit l’année Guide notre humble destinée,

Et ce Sublime Ordonnateur Nous fait un duvet protecteur.

Ne craignons donc ni glu, ni piège, Folâtrons, le plaisir allège 1 Et sans soucis narguons le genre humain, Car le bon Dieu pourvoit au lendemain 1

HEDDEKWICK (JAMES).

Chagrin et Poésie.

Ne pleurez sur les torts dont se plaint le poète,

Ne pleurez point sur ses douleurs,

Car le chagrin est la source secrète Oit de la Poésie il va chercher les fleurs.

Les ruisseaux sont bercés sur des lits de rocaille Avant que pures soient leurs eaux ;

Et les cailloux frôlés comme limaille De par la mer, avant qu'ils ne fassent les beaux !

Fleurs au matiu sont bien plus belles dans leurs larmes, Leur scintillement bien plus beau,

Que vers midi ; la terre a plus de charmes Alors qu’après l’ondée y vient chanter l’oiseau.

Des profondeurs sans fond sont l’asyle des perles Les plus brillantes de Ceylon ;

Dans l’épaisseur des buissons Bont les merles,

Au fin fond de la mine est le plus beau filon.

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