‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 133 sur 396 · UN MEILLEUR MONDE · texte numérisé non relu

UN MEILLEUR MONDE

Enfants de la nature an rayon de soleil Vous qui donnez la joie, à la brise une grâce,

Notre sort est-il donc à votre sort pareil, Passons-nous comme vous sans laisser plus de trace ?

Un meilleur Monde.

“ Tu me parles, souvent, maman d’un meilleur monde O il de charmants enfants joue une troupe blonde ;

Où se trouve maman ce monde radieux,

Que ne le cherchons-nous pour être tous heureux ?

Est -ce où s’épanouit la douce fleur d’orange,

Où danse le follet, où chante la mésange ? ”

— “Ce n’est pas là, non pas là, mon enduit ! "

“ Serait-co où le palmier élève son plumage,

Où la datte mûrit sous un ciel sans nuage ;

Serait-ce dans cette lie où la mer éblouit,

Où des bois, des forêts la senteur réjouit :

Où d’étranges oiseaux brillent sons la ramée,

Où de divins parfums la terre est parfumée ? "

— “ Ce n’est pas là, non pas là, mon enfant ! "

“ Est-ce bien loin, bien loin, bien par de là l'espace, Où sur des sables d’or le fleuvo se prélasse ;

Où les rubis nombreux reluisent si brillants,

Où la raine s'éclaire au feu des diamants.

Où la perle rayonne au vaste sein de l’onde,

Est-ce donc là, maman, qu’il est ce meilleur monde ? "

— “ Co n’eBt pas là, non pas Là, mon enfant I

“ L’œil ne l’a jamais vu, ni jamais les oreilles N’ont de ses chants divins enteudu les merveilles ;

Des rêves ne sauraient créer monde si beau ;

La mort ni la douleur n’ont point là de château ;

Le temps ne flétrit pas les fleurs toujours écloses,

Car c’est là haut, au ciel que sont toutes ces choses, Là haut ! au ciel, entends-tu cher enfant 1 ”

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