‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 139 sur 396 · CHANT DE FÉLIX · texte numérisé non relu

CHANT DE FÉLIX

Pour uno jeune fille, il sied si bien l’orgueil !

“ Oh ! Damoiselle Edith ne saurais jamais Être Le même que j’étais avant de vous connaître!"

Oh ! ma robe de noce . . . elle est dans le cercueil !

“ Mon cœur est tout saignant d’un amour sans limite, Eteint — mais trouverai repos en Marguerite;”

Pour une jeune, fille il sied si bien l’orgueil !

“ Edith n’ai plus en vous d’espoir d’aucune sorte, Marguerite h présent remplace Edith la morte I ”

Oh ! ma robe de noce . . . elle est dans le cercueil !

J'entends le carillon des cloches du village Joyeusement sonner l’heure du mariage ;

Pour une jeune fille, oh 1 qu’il sied bien l’orgueil !

Au bon Dieu moi je fais en mon cœur la prière Qu'elles tintent bientôt le glas du cimetière !...

Ah ! ma robe de noce ... est au fond du cercueil.

H O ETC N (EEY. T. G.)

Chant de Félix.

J’ai vu — chose admirable à voir!

Tout vêtu de printemps se cramponner le lierre Au chêne au tronc noueux, son ami, son espoir,

Et son protecteur tutélaire :

J’ai vu ce chêne entouré malgré lui,

Lui servir do soutien, de bouclier, d’appui,

Et le préserver, chose sûre,

Des coups de vents cruels et de la moindre injure.

Puis îi l’aspect de l’arbre altier De sa protection enveloppant le lierre,

En lui j’ai cru trouver l’emblème familier

D’un heureux ménage sur terre:

Ainsi devraient vivre de bons époux,

Les cœurs entrelacés des liens les plus doux, Toujours ouverts à l'espérance,

Et prêts à s’entr’aider lorsque vient la souffrance.

J’ai regardé souventefois

Doux ruisseaux qui s’étant rencontrés, d’aventure, N’en taisaient plus qu'un seul, glissant à travers bois Plaine ou vallon leur onde pure ;

CHANT D’ePHTHEIRON.

Réfléchissant les rayons du soleil Et les faisant danser snr leur cristal vermeil,

Ou bien murmuraut à la lune A l’heure de minuit un doux chant sans lacune.

Et me suis dit : Ainsi deux coeurs Quand ils sont bien uniB ont l’art de battre à l’amble ; Tout comme ces ruisseaux tous les deux gais causeurs N’en font qu’un en marchant ensemble.

Et notez bien que dans un saint amour Deux nobles coeurs épris qui se vouent sans détour Au bonheur de l’un et de l'autre,

Ne sont plus deux, mais un, — comme le dit l’apôtre.

Vouloir séparer ces ruisseaux Maintenant, voyez-vous, serait une chimère,

Non pluB jeter à bas le chône et ses rameaux Sans écraser aussi le lierre :

Et c’est ainsi que dans un saint hymen.

On ne peut séparer sans grande violence Deux êtres enlacés si bien Que leurs deux corps unis ne font qu’une existence 1

Chant d’Ephtheibon.

( Fragment (T un poème intitulé “Félix.”)

A moi mes gais lutins ! A moi mes gentils diables t Dans cette nuit aux chances favorables, Notre carnaval N’aura pas d’égal I

Ilourra pour le vent, et pour le tounerre! Pour la pluie aussi qui nous désaltère I Car ces vils humains Des pieds et des mains Ne sachant que faire, Ont tout envahi l’abîme profond

De notre enfer, ce puits sans fond, Fouettés par le vent, et par le tonnerre, Aussi par la pluie et son eau légère !

CHŒUR

Hourra pour la pluie et son eau légère 1 Hourra pour le vont et pour le tonnerre 1

CHANT d’EFHTHETBON.

EPHTHEIROS.

Ecoutez, écoutez ce long cri de douleur

Qui se fait jour de* parois de son cœur.

Ainsi que les ondes,

Qui, les furibondes, S’élancent poussant des rugissements, Envahissant tout dans leurs hurlements.

Dedans sa cervelle Ce cri de crécelle Jette le souci :

Voyez comme il gît, muet et tranquille,

Et tout effaré l’imbécile !

Mais dans notre lac de souffre épaissi Il s'éveillera bientôt tout noirci !

CHŒUR

llourra pour la pluie et pour le roussi !

Et pour le tonnerre et le vent aussi !

XPHTHEÏK05.

Voilà jà sur son cou tous les poissons avides Venant tâter de ses veines livides ;

Ce maître brochet Dans ses doigts se met, Eu dépit du vent, aussi de la pluie,

Déjà sur son corps le drôle s’appuie,

Pendant qu’un crapaud Vous le prend d’assaut, Et sur lui digère,

Lui faisant le gueux au milieu du front Ce cruel et sanglant affront,

En dépit du vent, malgré le tonnerre Et la pluie aussi s'infiltrant légère.

CHŒUR

Hourra pour la pluie et son eau légère, Hourra pour le vent et pour le tonnerre !

KFHTHEIBOX.

Dans nos chaudrons d’enfer son âme rôtira,

Et du plaisir, c’est le nec plus ultra,

Lutins! quand j’y pense, Avant que la danse

CUANT n’EPHTHEIBON.

Que dansons ici n'ait sa fin encor,

Et que nos ébats n’aient pris leur essor.

Dedans notre gouffre Oh ! comme il s’engouffre !

Sa tête à l’évent

Se disait pourtant la mort est vétille !

Et puis noyait sa souquenille,

Tour narguer la pluie et narguer le vent,

Le tonnerre aussi qui gronde souvent !

CHŒUR

Hourra pour la pluie aussi pour le vent,

Et pour le tonnerre au bruit émouvant.

KPIITHE1RON.

Mes gais lutins, mes bonnes âmes,

Que fîtes-vous ce soir pour passer votre temps ?

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