KENT (W. CH A E LES
Elégie sur le Vieil An.
Pauvres feuilles d’automne — en bas ! en bas ! en bas !
Atteintes de jaunisse elles roulent leur glas,
De leurs débris jonchant la terre,
Pleurant leur éclat de naguère.
Vieux, dolent et blafard, l'An, cet ex fier-à-bras Jà voit s’égrener sa carrière !
Sout morts boutons et fleurs, morts I oh! bien morts hélas I
Us ont eu d'une vierge avec les frais appas,
Aussi la durée éphémère.
Le roseau s’émiette en poussière,
Sans sève et sans verdeur, sous le coup des frimas,
Le vieil An voit finir son ère.
L'espoir sur son printemps brilla — l'espoir I . . l'espoir I . .
Doré — comme le sont les étoiles le soir
De minuit sous la couverture ;
Et du printemps l’halcine pure
Enfanta ce doux rêve où comme en un miroir On voit tout beau dans la nature.
Perdus parmi les mois passés, perdus ! perdus !
Sont des êtres chéris de ceux qu'aimais le plus I Ainsi pendant que tu prends âge,
Du vent ballotté par la rage,
Sous ton drap mortuaire en pauvre détritus Pourrit la feuille du bocage.
Où je cherchai la rose, il n’est plus d'arbrisseaux,
Le vallon s'est couvert de nombre de tombeaux ;