LA FLEUB, LA PLUME, ET LA FEUILLE
Où la vigne riait naguère,
S’étend la ronce délétère :
Ainsi pour moi vieil An tu changeas les joyaux De mon sourire en larme amère.
Elle avait tout pour elle — et jeunesse et beauté, Ses cheveux d’or avaient les tons chauds de l’été ; Elle était unique entre mille,
De l'amour c’était une idylle,
Vieil An tu n'as pas eu la moindre charité,
Dans la tombe dort son argile.
Froids ! depuis ta venue ils se sont raidis froids Ces cœurs qui près du mien ont battu tant de fois ! In mémoire sans paix ni trêve Triste me rappelle ce rêve,
Qui sur son aile vient raviver des émois
Qui las ! pour jamais sont en grève 1
Avec tous tes soucis reste encor près de moi,
Je ne saurais, vieil An me séparer de toi :
Car bien souvent, je suis candide,
Je voulus de tou vol rapide Arrêter les élans. — Mais voici ton convoi !...
Adieu vieil An— que Dieu te guide !
La Fleüb, la Plume et la Feuille.
(Vera inscrits dans un tirre d’heures.)
Une dame ayant un cœur d’or Me fit don de ce livre d’heures,
Puis elle prit dans son trésor Parmi ses choses les meilleures.
Pour me tenir lieu de signets,
Et qu’elle mit entre leB pages,
Trois petits et mignons objets D’amitié tous trois gentils gages.
Afin que quand voudrais secours Auprès du bon Dieu, notre Père,
Au signet trouvasse toujours A mes maux baume salutaire.