‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 161 sur 396 · LEDYARD · texte numérisé non relu

LEDYARD

Eloge des Femmes.

A travers maints pays, maints différents climats, Voyageur j’ai suivi ma route,

Souvent en proie aux maux, aux ennuis, aux tracas, Lot d’un étranger qu'on redoute.

Et tandis que j’allais errant en mon chemin,

J’ai rencontré, Dieu me pardonne !

Parfois le cœur de l’homme à la malice enclin,

Mais la Femme elle ! . . toujours bonne,

Sympathique au malheur, aux tendres sentiments, Toujours portée il la clémence, Guérissant les chagrins avec de doux accents,

Et par sa suave indulgence.

Ni délai plein d’orgueil, ni soupçon malheureux N'ont pouvoir de fermer leur âme,

Une plainte va droit à leur cœur généreux,

Et leur main en est le dictante.

Obligeante, modeste et douce tour à tour

Dieu fit la femme à son image,

A la ville, au désert elle inspire l’amour,

Elle rend doux le plus sauvage.

Quand épuisé de soif, labouré par la faim

Elle me tendait, la douce Eve,

Les mets les plus grossiers, do sa gentille main,

L’eau même acquérait de la sève.

Son parler caressant, son regard enchanteur,

Sont un baume qui nous console ;

La Femme est en un mot l'étoile du bonheur,

Je vous le dis, sur ma parole !

Page 1