LE MARÉCHAL FERRANT DU VILLAUE
Tant que le cœur lui-même aura son cours,
Tant que la vie aura ses maux, ses temps d’épreuve ;
La lune aux doux reflets brisés Sous ces piles de bois apparaîtra profonde,
D’amour céleste effets divinisés Dont l’image ici bas se joue au fond de l’onde.
Le Maréchal ferrant dv Yillaoe.
Sous un marronnier colossal Se tient la forge du village,
Vigoureux est le Maréchal,
Au travail il a bon courage,
Et pour broyer le mâchefer Ses bras ont la force du fer.
Des cheveux longs, noirs et crépus Encadrent son mâle visage,
Il a le front haut d’un Cacus Tant il a de cœur à l'ouvrage ;
Il gagne peu dans son métier.
Mais est bien vu du monde entier.
Chaque jour, du matin au soir,
Vous entendez rugir sa forge,
Au milieu du feu — V ulcain noir,
11 bat l’enclume et se rengorge.
Car il bat l'enclume en chorus Par trois fois — comme l’angelus.
Et voilà les joyeux enfants De l’école — à sa porte ouverte, D’admirer les soufflets mouvants.
De chercher l’étincelle alerte,
Feu follet qui court en avant Et s'éteint au souffle du vent.
Le dimanche à l'office il va Environné de sa famille.
Il entend prêclier ... ce jour là Il entend la voix de sa tille Qui se distingue dans le choeur,
Et cela lui fait joie au cœur.