‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 178 sur 396 · LE PLONGEON · texte numérisé non relu

LE PLONGEON

Le Plongeon.

Pour chemin j’ai la mer aux flots bleus et brillants, Et pour lit de repos j’ai ses eaux rocailleuses,

Bien des yeux ont suivi mes cercles sémillants Quand de la mer j’étreins les vagues écumeuses.

Quand le soleil ardent caresse l’océan,

Mon plumage se teint de couleurs cramoisies,

Quand s’efface le soir son purpurin ruban,

Mon aile sombre fend les brumes épaissies.

Mille pieds au-dessous de l’océan sans fond,

Mon oreille perçoit un murmure quelconque, J’entends se trémousser dans leur sommeil profond Des milliers de donneurs, — et respirer la conque.

Ces milliers de donneurs dornfent au fond des eaux, La perle et le corail tapissent leurs demeures,

Et la vigne des mers de ses charmants cristaux Embellit la tonnelle où se passent leurs heures.

Mon aile en équilibro, humide d’ouragan Ce soir sur un esquif dont soudain fis remarque A plané, — rafraîchie au souffle de l’autan ;

Quand je voulus poser, —avait sombré la barque.

Et lorsque l'ouragan eut eu fini son cours,

Un vaisseau jusque là vainqueur de la tempête,

Sans un coup de canon, un témoin du secours,

A fond coula. Le flot expira sur sa tête.

Je vis s’évanouir ainsi la fin du jour,

Le nuage abdiquer tout l’or de sa couronne,

Lorsque dans l'océan descendit sans retour Le corps du matelot sous le flot monotone.

La paix soit à tous ceux qui dorment en repos Sous le dais brillanté du la liquide plaine,

La paix soit à tous ceux dont reposent les os Bous l’œil de la nature, et Bans pompe mondaine.

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