‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 19 sur 396 · AU VENT DU MIDI · texte numérisé non relu

AU VENT DU MIDI

Car depuis trente ans tons les deux Avons tant souffert, que je veux Tout résigné, supporter, Femme,

Ce que Dieu nous impose ici,

Sans augmenter d’un seul souci Ta coupe qui déborde aussi.

Que le parjure vive, Femme ;

Prions Dieu que le repentir Amène à lui par un soupir L'enfant qui nous fait tant gémir:

Maintenant à moi ta main, Femme 1 Là haut au céleste séjour,

Ton saint nom, Dieu, soit béni pour Nous avoir ici bas consolé par l'ainour !

Au Vent du Midi.

Du midi toi qui viens, ô brise parfumée,

Effleurer en passant ma lèvre consumée, Rafraîchissant mon front de ton souffle enchanteur, Et venant m’apporter douce et suave odeur,

Sous le pli de ton aile et légère et jolie,

Des berceaux tout en flenrs de la belle Italie,

Oh ! ma brise embaumée, oh ! je ne te vois pas. Mais tu dois être belle, — autant que frais lilas !

Arrête — dis, — veux-tu t’arrêter douce brise ?... Elle a fui de mon front ; elle me subtilise ;

La voilà dans la plaine, — elle passe, et les fleurs Lui jettent à l’enri l’encens de leurs odeurs ;

La voilà dans le bois ô ma charmante brise,

La feuille retentit de sa musique exquise ;

Et maintenant voyez, elle passe à vau-l’eau Timidement le fleuve, et lui gerce la peau.

Non; je ne te vois pas, mais à brise embaumée Tu dois être bien belle, — oh ! sois donc mon aimée ! Viens effleurer mon front de ton souffle enchanteur, Viens donner à ma lèvre un baiser doux au cœur ; Et puis emmène-moi vers ta chère patrie,

Séjour du vrai bonheur, séjour de la féerie,

Puis, invisible brise, arrête là tes pas,

Car tu doiB être belle autant que frais lilas!

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