‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 207 sur 396 · LA MGHTAGÎTE ET L’HOMME · texte numérisé non relu

LA MGHTAGÎTE ET L’HOMME

J e brûle de connaître, et je languis d’apprendre ?

A quoi servirait-il de voir parfois descendre

Dans nos vallons le torrent destructeur,

Si par notre génie, et pour notre bonheur,

Posant à tes méfaits d’invincibles barrières,

Nous ne trouvions moyen d’utiliser tes eaux,

En les emprisonnant dans de vastes canaux,

Afin d’en former nos rivières ! . .

Toute imposante que tu sois,

Tu m’en imposes peu, Grandelette, ma chère,

Et sans peine je m'apperçois Que ta grandeur imaginaire Est l’œuvre de mes sens. — Il est vrai, cependant,

Que je suis plus petit que l’arbre que voit naître

Ton abîme. . . Et pourtant Orgueilleuse, je suis ton Maître ;

Je puis te mesurer suivant mon bon plaisir,

De la base au sommet, — mesurer ta couronne . . .

Comme un vil plomb ma petite personne Peut te peser si tel est son désir.

Je puis, si je le veux, aux regards des profanes

Mettre à nu tes arcanes,

Leur indiquer le fer que cachent tes plateaux,

Ou l'or qui coule en tes ruisseaux Je puis bien plus, je puis mesurer les étoiles

Et dresser la carte des cieux ;

Pour moi la Nature est sans voiles,

Et je puis pondérer le soleil radieux.

Moi si petit, je puis les suivre en leur carrière

Les brillants flambeaux de la nuit,

Je puis leur traçant leur circuit Iæs guetter dans leur course au delà de la spbère . . .

Je puis bien plus encor,— je puis m’assujettir Les astres inconnus; ma science importune Par leurs faits dans l’espace apte à les pressentir Jusqu'au fin fond des cioux va dénicher Neptune I . .

Et je ne pourrais pas, Montagne de malheur!

Gravir tes pics aigus, escalader ta cime . . .

Moi des Etres le plus Sublime Il me faudrait respecter ta hauteur?

Présomptueuse péronnelle 11 t’appartient vraiment de me dicter la loi,

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