‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 211 sur 396 · MALLET (DAVID · texte numérisé non relu

MALLET (DAVID

Hymne Funèbre.

Sur 1a nature entière épandez le silence,

Lugubres ombres de minuit,

En honneur du mort qui s'avance Epandez à l'entour les terreurs de la nuit.

A travers ces ténèbres,

Et ces splendeurs funèbres, Epandez sur ce sol les pleurs et les regrets,

Par des pensera profonds, par un souvenir tendre, Honorez, honorez la cendre De celui là que plus ne reverrez jamais !

En surplis le clergé près dn cercueil s'avance,

Vers le dernier séjour des mortB,

Et du glas la triste cadence Inspire à nos esprits de précoces remords.

L'aspect du cimetière,

Des cierges la lumière,

Ne jetant autour d’eux qu’un jaunâtre reflet,

Chaque ossement épars qui n’est plus que poussière, Chaque monument, chaque pierre,

Est ici pour le cœur enseignement muet.

Et maintenant de l’orgue écoutez le cantique, Qu'après de longs repos il donne la réplique ; Maintenant que la voix soupire ses douleurs Unie à l’orgue — à l’orgue qui console,

Et que sublimement l’âme s’élève et vole Jusques aux saints parvis, jusqu’aux célestes chœurs!

Qu’elle s'élève au Dieu qui nous donna la vie,

Qui tpit le souffle dans nos corps,

Qui, dans sa bonté nous convie A l’immortalité, — les faibles et les forts !

Quelques jours de détresse, De peine et de tristesse,

Dans un monde meilleur nous mènent par la mort,

La mort n’est pas un mal, non c’est un bien fort rare, Car son ombre est pour nous le phare Qui par delà les cieux nous guide vers le port.

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