‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 218 sur 396 · UNE VISIO · texte numérisé non relu

UNE VISIO

Cependant que gisaient de ce vieil univers

Les vieux débris, non loin de vieux vaisseaux tout verts.

Là gisaient gobelets oxydés par la rouille,

De la pourpre de Tyr, des bijoux de la Pouille,

Tous sans autels, restés la pompe des tombeaux,

Tous emmagasinés dans ces sombres caveaux.

Là gisaient les trésors de Rome et de Carthage,

De la Grèce, de l'Inde, épars dans ce naufrage,

De l'encens d’Arabie, et de l’or du Pérou,

De peuples effacés autrefois vil caillou.

Sans bouger, j’écoutai des heures entières Ce chant, jusqu’à ce que B’imprégnant de colères 11 parla d'un pays plus puissant et plus fort Que ne fut Rome . . . Ainsi pronostiquant son sort :

“ Puisque de l’Océan sur la vaste poitrine Au nord comme au midi, circule ta marine,

Et que le lest du monde est pris par tes vaisseaux,

Et l’univers marchand soumis à tes drapeaux ;

“ Puisque tes citoyens ont les larges fortunes

Que n’avaient pas les rois, quand tu franchis tes dunes,

Que l'or des nations brille en tes entrepôts,

Que contre l'ennemi je te ceins de mes dots ;

11 Et que de ton passé n'ayant plus souvenance,

Tu laisses de côté ta vieille expérience,

Pour courir les hasards d’entreprises sans nom,

Oubliant ton dovoir, surtout ton bon renom,

“ Ou parce que tu fais fi de la voix divine,

A toi Vieille Angleterre et vengeance et ruine ! 1 ! ” (') J’ai frémi — “ Pour nos fils, pour nous grâce, Seigneur 1" Soupirai-je, — et soudain je m’éveillai penseur.

(') Inutile de faire observer quo nous, humble traducteur, nous ne sommes pas co-partageant de la gi minaude fureur du Noble Lord — contre cette 1 tonne Vieille Angleterre! I.onl John Manncrs avait mal au coeur en 1841 des mesures prises contre le monopole des céréales — Intlè irir ! « #

" Lot wealth sud commerce, laws and learnîng die,

But — leavr u atül Oü» old Nobility I ”

— .Vote du Traducteur.

STANCES

Stances.

Le mot tu me l’aa dit, j’ai reçu ma sentence,

Voilà que sont brisés mes rêves d’espérance,

Doux rêves si longtemps caressés dans mon cœur, Il faut vous fuir, mon front se couvre de pâleur.

Dans sa robe d’été la nature est bien belle,

L’air est tout imprégné du chant de Philomèle, Mais pour moi la nature a perdu sa beauté,

Et le chant le plus doux sa douce volupté.

Telle la fleur sauvage, inapperçue, à l’ombre Croit, sous le dôme épais de quelque forêt sombre, Fort, mais silencieux, tel grandit mon amour Jusqu’à ce qu’un aveu — l’ait brisé sans retour.

Six hivers, six étés, et six printemps encore Ont passé sur ma vie éclatant météore,

Depuis que subjugué par ta voix, par tes yeux,

Tu trônes à jamais dans mon cœur amoureux.

Et bien que ta beauté le méprise ce trône,

Et de ton froid dédain jette à mon cœur l’aumône, Je le voudrais en vain reconquérir ce cœur A ton char enchaîné par un lien vainqueur.

Adieu donc, tu le veux, je pars, adieu chère âme, J’emporte à l’étranger le secret de ma flamme,

Mais jamais, bien des ans dussé-je voyager Froid ne sera mon cœur ... il ne pourra changer.

MANT (EEV. F. W.)

' Saint Alban.

La nuit était et triste et sombre, Le vent avec férocité Soufflait, sifflait, souffletait l’ombre De Vérulam en la cité ;

Voilà que parmi les rafales On entendit piteuse voix,

Qui s'élevait par intervalles Et disait de cruels émois.

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