‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 242 sur 396 · LA SAINTETÉ DE L’ENFANCE · texte numérisé non relu

LA SAINTETÉ DE L’ENFANCE

Candides, curieux à la fois,

A l'état do boutons, et ne pouvant encore Balbutier des mots dans leur gentil patois,

De l’homme ils étudient la flore 1 Une immense douceur se glisse en leur parler,

Et quand ils prient — le ciel aime à les contempler.

Plus folâtres que les oiseaux Ne le sont au printemps, bons, chaleureux, sincères, Ils franchissent sans crainte et plaines et coteaux Vif essaim d’abeilles légères :

Jetant leur mot sur tout, leur penser sur chacun Comme le jour l'éclat, et la fleur le parfum.

Et comme en leurs sens ingénus L’église, cette mère à la douce éloquence,

Sait graver à la fois ses rites, ses vertus Et les trésors de la croyance !

Et puissent devant Dieu les pécheurs endurcis Comme petits enfans trembler au saint parvis.

Enfance, âge mystérieux 1 Type du ciel — Jésus t’a donné l'innocence,

La pureté, la grâce, et ces dons précieux Qui font défaut à la science ;

Iæb bras du divin Christ ils t’enlacent encor Des rayons immortels du céleste Thabor.

Pour nous le savoir nous rend froids, Caustiques, vains, rusés ; notre esprit s’annihile ;

Si nous devenons vieux nous nous croyons adroits Quand le cœur sc recroqueville ;

Car en voyant plus clair, notre foi s’amoindrit,

Et l’égoïsme impur nous fait marbre et granit.

Enfin, Esprit de Vérité,

De toi nous apprenons cette haute morale :

“ Qu’ici bas la Sagesse est la Simplicité,

La Simplicité — Loi Finale ;

Qu’un homme reste enfant par sa sincérité,

L’Idéal est trouvé pour notre humanité!"

Page 1