LB CHASSEUR MOU RANT A SON CHIEN
Et dire que je fus an joar ce peu de chose,
Ce petit enfant que je voi,
Et que, bête à bon Dieu qui court sur une rose N'était pas plus libre que moi :
Le nuage à midi qui se chargeait de flamme,
La fleur qui s’ouvrait au Aoleil,
Les bruits les plus subtils, tout allait à mon âme, Un rien la tenait en éveil !
Que la froide sagesse essaye d’en médire
Quant à moi, je fuis bien souvent L’ennui des grands salons, pour aller sans rien dire, Près des enfants, me faire enfant ;
Pour visager leurs yeux brillants d’espièglerie,
Et voir folâtrer leur bonheur,
Tandis que chaque joue où rit l’étourderie,
Est le miroir de la candeur.
Homme si tu pouvais agenouiller ton âme Près de cet enfant radieux.
Et comme lui brûlant d’une sincère flamme,
Si tu priais d’un coeur pieux,
Un tel moment pour toi ce serait le saint-chrême ;
Alors tout rayonnant de foi,
Ton regard pur pourrait reposer sur Dieu même,
Et le ciel serait avec toi I