Scène Féebique
(Fragment du Poème de " Needwood Foreet.”)
Ici jadis se complaisaient les fées,
Ici dansaient leurs nombreux coryphées ; Leurs jeux divers enchantaient le regard Tout en dorant de la nuit le brouillard ;
Car si les nuits quelquefois étaient ternes,
Les vers luisants allumaient leurs lanternes. Chut 1 quel doux luth I — D’un pas majestueux La Reine vient le long du chemin creux ! Filles d'honneur s’empressent autour d’elle, Tout en dansant, disant chanson nouvelle,
Ou bien tirant de lèvres de rubis D'un long roseau de charmants gazouillis.
Sur son beau front trône du chèvrefeuille La gente fleur, dont vacille la feuille ;
Un oiseau-mouche a, de sa plume, orné Son cou de cygne, au galbe satiné ;
Ses beaux cheveux ruissellent par derrière En longs anneaux jouant à la lumière.
De minces plis de roseaux tout mêlés De son chignon forment les effilés ;
Quant au tissu couvrant sa gorgerette C’est Arachné qui sut, de sa navette,
Cercle sur cercle en tisser les contours,
Et l’ouvrager, le piquer de velours ;
Si transparente en est la contexture,
Que l’on peut voir ce bouton dont Nature