SCÈNE FÉERIQUE
Au «exe un jour fit le joli cadeau,
Etoile d'or sur une blanche peau.
Pour son corsage elle a feuille de rose Qui sur son cœur et s’étend et se pose ;
Et le rebord retroussé d'un beau lis Forme avec grâce une robe de prix Dont les longs plis traînent comme une chaîne A chaque pas, et balayent la plaine.
Le vieux Vesper, le silence et la nuit La voient passer de leurs regards— sans bruit.
Mais en sursaut les voilà qui s’éveillent Ces doux chanteurs que les nuits émerveillent ; Cependant que blottissant son bec d'or Dans son doux nid le Merle dort encor.
Rêve d’amour et le charme et Pénivre,
Il lit, il lit ce délicieux livre,
Mais voilà que sc réveillant soudain,
Son œil espiègle a sondé le terrain,
Puis tout à coup il fait beau son plumage, Roucoule bas, et puis de son ramage Fait retentir les échos d’alentour,
Et leur redit ses divins chants d'amour.
A ce doux chant qui lui vient par boutfées Reste muet d’abord le chœur des fées ;
Puis y mêlant ses argentines voix
Il fait vibrer les champs, les prés, les bois.
De ces accents Philomèle enchantée,
Par ses talents embellit la nuitée,
En roucoulant cavatines de choix ;
Et de sa voix mélodieuse et pure Guide la bande en battant la mesure :
Cependant que le zéphyr complaisant De temps en temps apporte, en s’amusant ,
Le bruit confus de l’écluse lointaine,
Ou le soupir d’une pauvre âme en peine,
Et qu’à chaque intervalle on entend plus presto, L’écho ! le ravissant écho !