‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 269 sur 396 · LE FATS DES SONGES · texte numérisé non relu

LE FATS DES SONGES

Où «ont cea chauds rayons de féconde lumière Qui disaient à la fleur : “ Souris à Dieu ton père ! ”

Où sont ces frais boutons, ces lèvres du bonheur Que l'abeille amoureuse allait baiser au cœur ?

Où se cache la voix du ruisseau qui murmure ?

Dans son étau de fer l'hiver la claquemure !

Oui, l’été tout joyeux au loin prenant son vol,

A laissé nus les bois, a laissé nu le sol ; —

Comme si nous n’avions jamais connu son souffle, L’autan, le dur autan nous cerne, et partout souffle ; Et comme si sa voix n'eut jamais dit aux fleurs :

“ Fleurettes, levez-vous, et montrez vos couleurs.”

O Temps ! ton vieux regard est brillant de froidure,

Et la neige en nos champs remplace la verdure I

Mais pourquoi les regrets ? quand tout ce qui fut beau Surgira triomphant, radieux du tombeau ;

Chaque fibre qui dort en dessous de la terre Reprendra son essor et sa vigueur première !

Et bien que le vallon ait un air malheureux,

Le soleil, un beau jour, le rendra tout joyeux ;

Et les oiseaux chanteurs, le papillon, l'abeille Reviendront de l'été butiner la corbeille.

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