PRIOR (MATHEW
La Guirlande.
Des bosquets le matin choisissant les prémices,
La Rose, l'Hyacinthe et l’Œillet orgueilleux,
Je me disais: “ Chloé, mon amour, mes délices,
Chloé de ma guirlande ornera ses cheveux.”
J’ai placé sur son front la guirlande nouvelle,
Charmée, elle en vantait les nuances, l’odeur,
Moi je disais tout bas : “ Mon amante est plus belle, Son haleine est plus douce, elle a plus de fraîcheur I ”
Tout le jour à l’cnvi les bergers, les bergères, Répétaient, de ces fleurs admirant l'incarnat :
“ Belles on les voyait sur leurs tiges légères,
Mais le lys de son teint leur donne plus d’éclat."
Le soir en détachant la guirlande chérie,
Chloé, ciel ! d’un soupir j’ai vu frémir son sein,
Chloé regarde . . . Hélas t l’Hyacinthe flétrie,
Et la Rose et l’Œillet échappent de sa main.
Une larme a coulé ; larme silencieuse Qui d’un triste penser exprime la langueur,
Tu dis plus que la voix éloquente et trompeuse Qui voudrait emprunter le langage du cœur.
Je savais tout ; pourtant recourant à la feinte :
"O mon amour, lui dis-je, une larme! . . pourquoi? D’où provient le chagrin dont ton âme est atteinte?
En suis-je cause? . . Dis! . . Ma Chloé, réponds moi.”