NOBLE EXEMPLE DONNÉ FAB LE PBINCE ALBERT
De son faîte pourri que faire désormais ?
Un coup de hâche au tronc, le chêne tombe en poudre !
La vermine de cour, ce hideux choléra Se faufile partout, remplit tous les offices,
Des plus étroits cerveaux, c’est le nec plut ultra Qui, héros de laquais, impose ses services.
Noub avons dégainé, mais pour la liberté,
Pour arrêter l'essor des Despotes du monde ;
Le drapeau glorieux fut noblement porté ;
Le soldat il fut beau, mais les chefs sans faconde !
Lors un immense cri, — la grande voix de Dieu Retentit parmi nous : “ A bas 1 à bas les cuistres !
A bas les sots titrés ! les nés en riche lieu,
Nés stupides pourtant, et pourtant nés Ministres ! "
Ce cri le Prince Albert l’entendit à Windsor Quand il se promenait, narguant le prolétaire ;
Ou bien qu'il banquetait, ou bien qu’il rêvait d’or Comme d’un Roi futur peut bien rêver le père I
“ Ce cri, me plaît," dit-il : “ C’est honteux l c’est le mot, Qu’un poBte soit rempli par qui ne le mérite ; Vertuchoux I moi je vais attacher le grelot,
Et comme un Capucin je sors de ma guérite 1 ”
Alors le Prince Albert se rapelant soudain Qu’il était Field Marthal , mais par une bévue,
Dans Hyde Park voulut que le surlendemain Il y eut de bonne heure une grande Revue.
Et lit, sur son cheval, le bâton à la main,
Devant toute l'armée, et du peuple à la vue,
Il dit : “ Peuple, Soldats, il nous faut mettre un frein A la Corruption ... or, j'avais la berlue
Alors que j'agrippai par l’appât vil de l’or,
Sans l'avoir mérité, cet insigne de gloire 1 Ce bâton je l'abdique, et qu’il soit ton trésor Héros 1 qui sur le Russe obtiendra la victoire 1 ”
Et tout le peuple alors cria : “ Vive à jamais Vive le Prince Albert ! quel cœur mâle et sincère ! Hourra pour le bon Prince !.. il sera désormais L’Idole du Pays . . . de la Vioille Angleterre ! ”
3é8 DES ACTIONS, NON DES PAROLES.
Alors chaque Seigneur stupide, chaque Duc Nigaud, fit sa leçon de la leçon Royale ;
Et l'Angleterre enfin, sc purgeant du Caduc;
Le noble chêne Anglais défia la rafale ! (')
Des Actions, non des Paroles.
Noble guerrier à la vaillante lance,
A l'œil d’aigle fier et sans peur,
Qui dans ton sein thésaurise en silence
Ce beau pennon ! ‘ Tout pour l'honneur 1 ’ Que ton œil soit ardent, que ta main soit solide,
A la vertu pour mieux servir d’égide.
Silencieux comme son destrier Sur les -actes du jour, et sur ceux de la veille,
Celui qui veut gagner victoire sans pareille,
Doit méditer ce dicton singulier,
Qu’on trouve quelque part dans la vieille légende
Normande :
“Un Chevalier, n’en doutez pas,
Doit férir haut, et parler bas 1 ’’
Grand Citoyen, si d'un amour sincère Ton cœur brille pour ton pays,
Si la patrie à ta belle âme est chère,
Ecoute, et retiens ces avis :
Ne regarde jamais â gauche ou bien à droite,
Mais qu’en avant ton pas ferme s’emboîte ;
Un mot bien dit vaut mieux qu’un long discours; Celui qui met sa gloire à servir sa patrie Des mots vides de sens laissant la hâblerie Etudiera ce lai des anciens jours,
Qu'on trouve quelque part dans la vieille légende
Normande :
“ Un Chevalier, n’en doutez pas,
Doit férir haut, et parler bas ! ”
(') L’original de ce poème se trouvo dans le N° du 19 Mai 1855 du " Punch.” La gravure qui l'accompagne porte pour titre : “ Mii.it ary Reform — A Noble Beoinniso — H.R.II. P. A. Resigning his Field Marshal's Bâton and Pay.” — Note du Traducteur.