ROGERS (SAMUEL
Un Vœu.
Je voudrais près de la colline, Près d'une ruche et d'un ruisseau, Je voudrais agreste chauminc,
Un moulin ferait jaser l’eau.
Là je voudrais de l’hirondelle Entendre le gentil caquet,
Et faire part de mon écuelle A qui tirerait le loquet.
Autour de mon porche de lierre Croîtraient la rose et le muguet, Et Lucie, en bure grossière, Chanterait, tournant son rouet.
Et puis l’église du village Mo dirait par ses sons joyeux Le jour de notre mariage ;
Sa flèche me dirait les cieux !
A un vieux Chêne.
** Immot» rnanet ; multoaque nepotoa Multa virùm ToWen» durmndo mpouI», rincit." — Virgil.
Nulle ombre maintenant autour de toi ne passe ! De murmures sacrés tu n’as plus une trace !
Toi qui formais jadis à toi seul un bosquet Oh l'aigle de ton faîte envahissait l’espace,
Tandis qu'au bas le loup hurlait.
Un temps fut oh le Preux sous ton épais ombrage S'étendait, son cimier agité par l'orage ;
Et quand le glas de mort faisait tinter sa voix, L’homme bardé de fer, malgré son graud courage, Faisait le signe de la croix !
minuit.
Puis vint on temps moins dur, et des jours plus prospères, Des guirlandes de Heurs, des fêtas printanières ;
Et joyeux d'accourir chantant gai virelai,
Fillettes et garçons et bergers et bergères
Pour célébrer le mois de Mai 1 De plus d’une forêt, vieux chêne, toi le père (Qui créas maint navire armé de son tonnerre),
Tout d'abord endormi sous l'écale du gland,
Et qui tout glorieux va porter la lumière
Jusqu'aux confins du Groenland!
Dans les sombres forêts passant son existence Le saint Druide a vu s’élever ton enfance,
Et du gui protecteur entourant ton front nain,
Il entonnait un chant pour hausser l’importance Du sanglant sacrifice humain !
Et maintenant ton front abimé par la foudre Sur tes branches s'affaisse, et les réduit en poudre ;
Tu meurs à chaque instant !.. La lune en se levant Rit de ton noir fantôme et s'amuse à dissoudre Ton cadavre et le jette au vent!