FABLE V
La Théière et la Brosse.
Aux criardes couleurs une vieille Théière,
Très à la mode, et le sachant,
Et sur laquelle l'art d’un ton assez tranchant Et d'une main, entre nous, peu légère, Avait d’aâreux poissons buriné les émois,
Et des arbres bossus, et des hôtes fantasques, Des tempêtes et des bourasques, Le tout avec un goût . . . chinois, V u son ancienneté, c’était bien légitime,
Etait tenue en grande estime.
Au sommet d’un buffet d'un travail merveilleux Trônait cette Théière au regard orgueilleux,
Quand faisant honte à l’entourage, Sur un marbre elle vit en son état crasseux Une Brosse de bas étage,
Sans doute laissée en ce coin Par un subalterne sans soin.
“ Quel est donc l’insolent," exclama la Théière, “ Qui du lavoir ou bien du cabinet Secret