‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 332 sur 396 · FABLE XI · texte numérisé non relu

FABLE XI

Le Bourgeois et le Lion Bouge de Brenteobd.

Oui, — j’aime mes amis ; — mais j'aime aussi mes aises,

Je reclame le droit — de manger seul mes fraises,

Si cela me convient. Bref, oui dà, quelque goût Qu’on ait pour tout le monde, — il existe après tout Des moments où chacun, dans la béatitude,

Aime à se goberger, humer la solitude !

A la porte de Londre, est, comprenez cela,

Ma maison de campagne, — ou plutôt ma Villa ;

Chacun de mes amis en paraît idolâtre,

Si, que ça se remplit plus vite qu’un théâtre,

Sitôt que le dimanche arrêtant les travaux,

A dit à tous : “ Ce jour est le jour du repos ! ”

Mais le repos, vous engage à le croire,

Il n’est pas fait pour moi voilà ma triste histoire.

Vite un parent par ci, vite un ami par là Suivi l’un d'un cousin, l’autre d’un falbala M’arrivent tour-à-tour ; ça se meut par douzaines Et quelquefois las 1 par vingtaines !

En vain tout le long du chemin Les hôteliers, le bonnet à la main,

Ayant houblons dorés, ou Bacchus pour enseigne,

Ou bien encor l’arbre porte-châtaigne.

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