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LE BOURGEOIS ET LE LION BOUGE DE BBENTFOBD

Invitent tous ces voyageurs A s’arrêter chez eux les traitant de seigneurs ;

A tous leurs beaux discours chacun d'eux dit : “ Bernique I ’’ Préférant, malgré moi, me donner sa pratique.

Comment !... chaque bipède impertinent ou sot En me donnant du Jean et voire du Christophe,

Me croira d’assez bonne étoffe Pour me faire payer après tout son écot,

Et viendra butiner et mon temps et ma table ! . .

Non pas ! . . non pas vraiment ! . . mais passons à ma fable !

Nous sommes à ce jour qui suit le vendredi,

Il a fait atteler sa pauvre poulinière,

Le Bourgeois 1 et s’en va de ce pas, hors barrière Pour célébrer Saint Samedi.

Femme, fille et roquet, entassés comme au bagne,

Vont s’installer à leur campagne,

Afin de recevoir demain leur parenté,

Aussi tous leurs amis d’été.

Pour gagner Twickenham (l’essieu, par parenthèse,

Depuis un trop long-temps las ! étant veuf de graisse), Court en grognant comme atteint de malaise ;

La famille espérait pourtant passer un jour Dans cet agréable séjour ;

Mais tous avaient compté sans Brentford d’aventure,

Sans Brentford et sans son Lion,

Qui lui, fidèle à sa nature,

(Le Lion par vocation

Est, c’est su, généreux, sans ostentation), •

Pris tout à coup de belle passion

Quoiqu’il fut peint sur un enseigne,

Et pour dire le vrai, sans grand’ prétention,

Et sans que dans ses crins souvent passât le peigne,

Rugit, mugit, rugit encor De sa griffe et laissant tomber son sceptre d’or :

“ Sot 1 triple sot ! Bourgeois stupide que vous êtes ! ”

Lui dit la Majesté des bêtes,

“ Ennemi de vous-même et des vôtres, morbleu !

Pour des aventuriers vous vous hissez en Dieu,

Vous gavez de gâteaux ceux dont l’unique étude Est de vous dévorer, j’en ai la certitude,

Ne soyez pas si bête, — entrez au cabaret,

Ma Majesté vous le conseille,

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